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Au Groenland, quand l’écosystème se relève après une extinction de masse

Credit: Wikimedia Commons

De nouveaux fossiles découverts par les paléontologues de l’Université d’Uppsala au Groenland révèlent une reprise de l’écosystème peu après l’extinction la plus cataclysmique du monde survenue il y a 252 millions d’années.

La Terre a connu cinq grands épisodes d’extinction. La pire de toutes s’est produite il y a 252 millions d’années. Une importante activité volcanique et plusieurs grands impacts d’astéroïdes avaient alors mené la planète à se réchauffer et entraîné une augmentation de l’acidification des océans. À l’époque, ce sont entre 80 et 90 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres qui disparaissaient en l’espace de 60 000 ans seulement. Un chaos total. Un article publié dans Nature révèle cependant comment les écosystèmes les plus élevés en latitude ont pu récupérer après cet événement cataclysmique. 

« La vie océanique s’était pratiquement éteinte à l’époque » explique le Dr Michal Zaton de l’Université de Silésie en Pologne et auteur principal de l’étude. « Les mers ont épuisé dans leur oxygène et se sont acidifiées, abritant une faune peu diversifiée comprenant des bivalves et de vastes colonies de vers qui filtraient leur nourriture vivaient dans des coquilles et sous des couches d’algues, leur fournissant ainsi des substrats appropriés et une source potentielle d’oxygène », explique le Dr Zaton. « Ces premiers colons post-apocalyptiques ont envahi les lagunes saumâtres quand les mers se sont retirées ».

Uppsala University
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Il y a 252 millions d’années, l’est du Groenland était recouvert de fougères et de conifères et longeait une voie maritime qui s’étirait jusqu’au Pôle Nord. Jamais de tels fossiles n’avaient été découverts à des latitudes aussi élevées. « Notre découverte est importante, car elle montre pour la première fois que la vie au fond des océans à des latitudes plus élevées a subi le même processus d’extinction que le reste du monde, et un rétablissement tout aussi rapide », explique le chercheur.

Ces résultats récents démontrent non seulement une reprise mondiale de l’écosystème marin après l’extinction, mais aussi que les plus petites formes de vie se sont adaptées rapidement au fil du temps. Cet opportunisme environnemental fut probablement la clé de leur survie et de leur succès écologique dans le sillage de l’effondrement massif de l’écosystème. Plus de 100 millions d’années auront néanmoins été nécessaires pour que la biodiversité retrouve à l’époque son niveau d’origine.

Uppsala University
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