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Les réfugiés climatiques existent depuis 100.000 ans

Crédits : iStock

Les variations du climat ont été prises en compte dans une étude récente révélant que les humains ont rapidement migré d’Afrique, et ce en plusieurs vagues qui trouvent leur origine dans la modification de l’axe de rotation de la Terre et du niveau général des eaux. D’autres études traitant de génétique apportent des éléments complémentaires à la première.

L’espèce humaine est apparue en Afrique, et Homo sapiens a ensuite peuplé la Terre dès -40.000 ans, mais cette diffusion pourrait avoir débuté il y a 100.000 ans. Une ribambelle de questions peuvent alors être posées, à propos du nombre de ces vagues de peuplement, s’il n’y en a eu qu’une seule, ou alors plusieurs, dont une plus importante. Certaines réponses sont apportées par la paléontologie et désormais la génétique, mais une nouvelle discipline est venue s’immiscer dans les recherches, à savoir la climatologie. Pour couronner le tout, les réponses apportées par ces différentes disciplines ne mènent pas toutes vers la même hypothèse générale.

Ce ne sont pas une mais quatre publications qui sont apparues en 2016 dans la célèbre revue Nature. Celles-ci tendent à apporter du nouveau à propos des migrations humaines, mais sans pour autant mettre fin à un débat qui dure cependant depuis des décennies.

Parmi ces publications, la plus originale semble être celle d’Axel Timmermann et Tobias Friedrich de l’Université d’Hawaï, qui décrit un modèle de migration à laquelle les chercheurs ont appliqué une nouvelle contrainte, relevant de la climatologie. En effet, le climat a subi des variations causées par un mouvement de l’axe de rotation de la Terre, ainsi que par des changements de niveau des océans, et ce lors des 125.000 dernières années.

Les conclusions apportées par les deux chercheurs ne sont pas vraiment en phase avec les archives fossiles, et avancent que plusieurs vagues de migration se sont produites il y a environ 100.000, 80.000, 50.000 et 30.000 ans. Les Homo sapiens auraient alors peuplé l’Europe et l’Asie au même moment, en passant par la péninsule arabique. Les fossiles ont avant cela suggéré une présence plus ancienne en Chine, tandis qu’en Europe, Homo sapiens aurait été ralenti dans sa progression par son “cousin” : l’homme de Neandertal.

Les trois autres études, portant sur la génétique, évoquent une précocité relative aux Aborigènes d’Australie et aux populations de Papouasie-Nouvelle-Guinée quant à leur sortie d’Asie en comparaison avec les vagues de peuplement vers l’Asie et l’Europe. Le généticien Luca Pagani et son équipe de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) ont élaboré une vaste étude du génome de 125 populations variées peuplant la Terre. Leurs résultats indiquent que 2% du génome de populations ayant un lien avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée semblent montrer que leur séparation du continent africain semble être arrivée plus tôt que celle dont sont issus les Eurasiens. Il y aurait donc eu deux migrations au moins.

À l’Université de Berne (Suisse), l’équipe d’Anna-Sapfo Malaspinas a séquencé les gènes de 83 aborigènes d’Australie et 25 personnes originaires de Papouasie-Nouvelle Guinée. Selon les chercheurs, l’Australie a été peuplée par une même population qui s’est différenciée il y a entre 10.000 et 32.000 ans, tandis que la séparation d’avec les Eurasiens s’est produite bien plus tôt, il y a de 51.000 à 72.000 ans. Ainsi, il est fort possible qu’après leur sortie d’Afrique, les humains se seraient séparés en deux vagues bien distinctes, l’une allant vers l’Asie et l’autre vers l’Australie.

Enfin, Swapan Mallick, de l’institut médical Howard Hughes de Boston (États-Unis), a travaillé sur les données du projet de diversité du génome de la fondation Simons. Ce projet prend en compte 300 personnes de 142 populations génétiquement variées. Les résultats de cette dernière étude semblent aller à l’encontre des trois autres. En effet, selon les chercheurs, les non-Africains d’aujourd’hui (incluant les Aborigènes d’Australie et les premiers arrivant en Papouasie), seraient issus du même groupe.

En conclusion, de petites et grandes vagues de migration se sont produites au gré des changements de climat, des pressions démographiques, mais également des variations du niveau de la mer qui rendaient accessible (ou non) le passage vers un autre continent. Il ne s’agit donc pas d’un nombre très réduit d’énormes vagues de migration.

Sources : Futura SciencesLive Science

Les réfugiés climatiques existent depuis 100.000 ans
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