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À quoi ressemblerait la Terre si l’Homme n’avait jamais existé ?

Crédits : tpsdave / Pixabay

Ce sont des chercheurs d’une Université danoise qui se sont intéressés à ce qu’il serait advenu de la Terre, et plus particulièrement de la faune, pas si l’Homme disparaissait, mais s’il n’avait jamais existé. 

Un monde où l’Homme n’aurait jamais existé est difficile à imaginer. C’est l’objet d’une étude réalisée par Søren Faurby et Jens-Christian Svenning, deux chercheurs de l’Université d’Aarhus (Danemark), publiée dans la revue spécialisée Diversity and Distributions. En examinant la diversité des grands mammifères (plus de 45 kg), ils ont réalisé que celle-ci est bien plus importante dans certaines régions d’Afrique, et que la raison n’est pas climatique ou environnementale ; c’est l’impact de l’Homme qui réduit, ou non, cette diversité.

« L’Europe du Nord est loin d’être le seul endroit où l’humain a réduit la diversité des mammifères. C’est un phénomène mondial » explique Jens-Christian Svenning. « La raison pour laquelle de si nombreux safaris ciblent l’Afrique n’est pas parce que ce continent est anormalement riche en gros mammifères. Au contraire, cela montre qu’il s’agit d’un des seuls endroits où les activités humaines n’ont pas encore éliminé la plupart des gros animaux » déclare à son tour Søren Faurby.

Pour ces chercheurs, les refuges actuels de ces espèces sont les endroits les mieux préservés de l’influence humaine, comme les régions montagneuses. C’est notamment le cas de l’ours brun, qui ne vit plus que dans les montagnes d’Europe, parce qu’il a été exterminé des zones de plus basse altitude. Ainsi, en l’absence de l’Homme et comme on peut le voir sur la carte ci-dessous,la majeure partie d’Europe du Nord serait peuplée de loups, d’élans et d’ours, mais aussi d’éléphants et de rhinocéros.

Répartition des grands mammifères de plus de 45 kg comparée à ce qu'elle serait en l'absence de l'Homme. L'échelle montre le nombre d'espèces / Soren Faurby
Répartition des grands mammifères de plus de 45 kg comparée à ce qu’elle serait en l’absence de l’Homme. L’échelle montre le nombre d’espèces / Crédits : Sciencedaily / Aarhus University / Soren Faurby

Ces observations valent aussi pour le reste de la population animale mondiale. En Europe, nos forêts sont domestiques et ont été replantées. Les rivières ont été détournées et des barrages les coupent. Le sol a été détruit pour les ressources qu’il peut offrir. L’environnement rural a également été modifié puisque nous élevons désormais des animaux domestiques par milliards. Des espèces ont également proliféré, comme le rat ou le cafard, grâce à leur dépendance à l’Homme, devenu leur principale source de nourriture.

Source : Diversity and Distributions