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“Le syndrome de la tête qui explose”, un trouble beaucoup plus fréquent que présupposé

Crédits : iStock

Vécu par les personnes concernées comme une détonation assourdissante survenant au moment de l’endormissement ou du réveil, « le syndrome de la tête qui explose » était jusqu’alors considéré comme un trouble extrêmement rare. Pour autant, une étude récente réalisée auprès d’étudiants est venue souligner que près d’un jeune sur cinq aurait un jour ou l’autre expérimenté ce phénomène pour le moins dérangeant…

Le « syndrome de la tête qui explose »… derrière ce nom qui sonne l’effroi se cache un trouble certes perturbant, mais néanmoins bénin. Il est caractérisé par un bruit extrêmement fort, parfois assimilé à une explosion, survenant dans la tête du patient au moment de son endormissement ou de son réveil. « Vous commencez à vous endormir et vous vous sentez relaxé. Tout d’un coup, vous entendez un bruit extrêmement fort, comme des coups de feu ou le son de rupture d’une corde de guitare », explique le Professeur Sharpless, directeur de l’université de psychologie clinique à Washington. Bien que ce syndrome ait été décrit pour la première fois il y a près de 150 ans par le corps médical, ses causes n’en demeurent toujours pas moins méconnues.

Jusqu’à présent, les recherches portant sur le « syndrome de la tête qui explose » (STE) se sont d’ailleurs voulues particulièrement anecdotiques. Elles ont néanmoins permis aux scientifiques d’émettre l’hypothèse qu’il s’agirait d’un phénomène rarissime survenant principalement chez les femmes âgées de plus de cinquante ans. Une croyance qui semble aujourd’hui se révéler erronée si l’on en croit les récents travaux du Professeur Brian Sharpless.

Une prévalence plus importante que présupposée

Afin d’en apprendre davantage sur le STE, Brian Sharpless et son équipe ont réalisé une enquête auprès de 211 étudiants. Cette étude, qui a été publiée dans le Journal of Sleep Reasearch, a notamment permis de mettre en évidence que ce syndrome était en réalité beaucoup plus répandu que ce qui était présupposé jusqu’alors. En effet, sur l’ensemble des personnes sondées, 18 % ont déclaré avoir vécu au moins une fois ce phénomène au cours de leur vie et plus de 16 % d’entre eux en souffriraient de manière régulière. Autre fait particulièrement surprenant, près d’un tiers (37 %) des personnes ayant connu le STE auraient également vécu une expérience de paralysie du sommeil. Il s’agit d’un autre trouble du sommeil particulièrement effrayant qui se caractérise par le fait que le sujet est incapable de parler ou d’effectuer tout mouvement volontaire au moment de son réveil ou de son endormissement, et ce, malgré une pleine conscience.

Vers une ébauche d’explication

Sharpless a par ailleurs avancé une théorie qui permettrait d’expliquer la survenue du STE. Selon lui, il pourrait être causé par un dysfonctionnement dans la séquence d’arrêt du cerveau au moment de la transition veille/sommeil. Pour rendre davantage intelligible ce qui se passe au moment de l’endormissement, le chercheur assimile le cerveau à un ordinateur qui s’éteindrait selon des phases distinctes : tout d’abord les régions gérant la motricité, puis celles de l’audition et enfin pour terminer la zone responsable de la vision. Ainsi, pour Sharpless le STE surviendrait lorsque les neurones auditifs s’activeraient tous à la fois au lieu de s’éteindre. « C’est pourquoi vous obtenez ces bruits forts que vous ne pouvez pas expliquer, et ils ne sont pas de réels bruits dans votre environnement. La même partie du cerveau, la formation réticulée du tronc cérébral, semble être impliqué dans les paralysies du sommeil isolées, ce qui peut expliquer pourquoi certaines personnes souffrent des deux conditions. », explique-t-il.

Grâce aux résultats obtenus par le biais de son enquête, Sharpless espère bien sensibiliser les professionnels de la santé afin que ce trouble soit davantage pris au sérieux. Pour l’heure, les scientifiques vont continuer à étudier le STE afin de mettre en évidence les facteurs psychologiques et comportementaux qui pourraient le favoriser.

Sources : washingtonpostmedicalnewstoday

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