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    Le virus de l’hépatite E trompe notre système immunitaire

    Selon une étude des chercheurs du CNRS, le virus de l’hépatite E aurait un moyen d’induire en erreur le système immunitaire de l’homme. Ce virus pouvant s’avérer fatal, ses diagnostics en sont d’autant plus nécessaires. Cependant, une découverte a révélé qu’ils pouvaient être faussés !

    Nous n’en parlons pas beaucoup mais l’hépatite E est un véritable problème de santé publique, touchant chaque année plus de 20 millions de personnes dans le monde, pour 44 000 décès. La transmission de ce virus se fait très souvent par consommation d’une eau souillée par les excréments d’autres sujets contaminés ou par l’ingestion d’une viande également infectée. Si les malades guérissent généralement au bout de quelques semaines, des cas plus graves ont déjà été observés.

    Une équipe de chercheurs menée par Laurence Cocquerel du Centre d’infection et d’immunité de Lille (CNRS / Inserm) a démontré pour la première fois l’existence de plusieurs formes d’une protéine du virus de l’hépatite E. Ces recherches ont fait l’objet d’une publication dans la revue Gastroenterology le 12 octobre 2017.

    Il faut savoir que le virus de l’hépatite E protège son génome par le biais d’une protéine nommée ORF2i et les chercheurs ont découvert que deux autres protéines sont également fabriquées : ORF2g et ORF2c. Le fait est que ces dernières n’entrent pas dans le processus de formation de nouveaux virus mais sont en revanche abondamment libérées dans le sang.

    « Nous connaissions cette protéine ORF2 mais ignorions que les formes circulantes étaient différentes. C’est peut-être une stratégie du virus pour tromper le système immunitaire en le focalisant sur des antigènes qui ne sont, en réalité, pas associés aux particules infectieuses. Nous allons vérifier cela. Mais surtout, cela change la donne en matière de diagnostic », explique Laurence Cocquerel dans un communiqué (PDF en français / 2 pages).

    Actuellement, la technique de dépistage de la maladie la plus courante consiste en la recherche de protéine ORF2 dans le sang mais désormais, les scientifiques savent que cette méthode n’est pas fiable. En effet, les résultats peuvent identifier des protéines ORF2 qui ne sont pas directement associées au virus. De plus, ces leurres peuvent être produits plusieurs semaines avant l’apparition de la maladie et peuvent persister dans l’organisme du patient même si celui-ci est guéri.

    Cette découverte ouvre la voie à un nouveau dépistage plus optimisé, alors que les chercheurs sont actuellement en train de plancher sur la mise au point d’un dispositif de détection de la protéine ORF2i directement liée au virus.

    Sources : CNRSScience & Vie

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    La thalassothérapie, véritable bienfait pour le corps ?

    Alors que la thalassothérapie semble être en pleine croissance en France, force est de constater qu’aucune étude scientifique n’en a étudié les prétendus effets. Les différents centres proposant ce soin promettent de nombreux bienfaits pour le corps humain.

    La thalassothérapie est une utilisation combinée, dans un but préventif, des bienfaits du milieu marin. Se déroulant sous surveillance médicale, ces soins sont généralement prodigués en cas de stress, de fatigue ou d’insomnie, de rhumatismes dégénératifs, de douleurs vertébrales ou encore de certaines affections dermatologiques.

    Ce genre de thérapie revient régulièrement dans les médias. Dernièrement, les thermes d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) ont dévoilé une nouvelle cure spécialement conçue pour éliminer les métaux lourds, une première en France. Dans notre pays, la thalassothérapie progresse en termes d’activité et un sondage indique que les Français sont 92 % à estimer que les soins à l’eau de mer sont bénéfiques pour la santé. Environ 400 000 personnes font une cure chaque année en France.

    Cependant, il n’existe aucune véritable étude ayant confirmé les bienfaits de ce genre de soins. Les seules données existantes sur le sujet sont issues des résultats collectés par les médecins officiant dans les centres de thalassothérapie.

    Interrogé par Science & Vie, le directeur du centre de La Baule (Loire-Atlantique), le cardiologue Yves Treguer, explique que les boues marines ont des propriétés anti-inflammatoires. Quant à la chaleur de l’eau de mer (ainsi que son action mécanique), les bienfaits sont nombreux : augmentation du nombre de globules rouges, meilleure fixation du calcium osseux, ou encore amélioration de la mobilité articulaire et des flux veineux et artériel.

    Le centre de Roscoff (Finistère) a effectué un sondage auprès de 120 clients ayant tout juste réalisé une cure d’au moins une semaine. Selon les résultats, 40 % des sondés estimaient être fatigués à leur arrivée au centre alors que 22 % déclaraient l’être à la sortie, un taux quasiment identique pour les personnes interrogées trois mois après la cure. Les sondés ont évalué sur une échelle de 1 à 10 leurs douleurs circulatoires, musculaires et articulaires et celles-ci auraient baissé d’un point, même six mois après la cure. Une baisse a également été constatée en ce qui concerne la prise de médicaments.

    Si tous ces résultats sont basés sur les impressions des clients, cela ne représente pas le même poids qu’une étude sérieuse réalisée sur le sujet. Peut-être qu’à l’avenir, une étude verra le jour mais, en attendant, il faudra se contenter de se dire qu’une cure dans un centre de thalassothérapie permet un repos dans un endroit calme loin du stress, où l’on sert une nourriture saine et équilibrée, tout en recevant des soins qui font du bien !

    Sources : Science & VieRTBFInfo Travel

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    Mais pourquoi les autruches sont-elles dotées d’une double paire de rotules ?

    L’autruche est la seule espèce du règne animal à être dotée d’une double paire de rotules. Ce mystère a été étudié de près par des biomécaniciens britanniques, dont l’enquête est composée de modélisations 3D et de multiples observations.

    L’autruche est le plus gros des oiseaux et pond les plus gros œufs parmi ce type d’animal, détenant le record en la matière immortalisé dans le Guinness World Book. De plus, cet animal est incapable de prendre son envol mais, en revanche, il court très vite. La spécificité qui nous intéresse ici concerne les deux pattes de l’autruche, possédant une rotule mais ce qui est très surprenant, c’est qu’il s’agit en réalité de deux rotules, donc une située de chaque côté !

    Des recherches menées par des scientifiques du Royal Veterinary College de Londres (Royaume-Uni) et publiées dans la revue Ecological and Integrative Physiology en avril 2017, donnent les résultats d’observations faites sur une espèce d’autruche africaine, la Struthio camelus. Après avoir pris connaissance des mouvements de ces rotules, les chercheurs ont élaboré un modèle 3D de l’articulation du genou de l’autruche par le biais de plusieurs techniques d’imagerie.

    La première remarque ayant été faite est relative à la rotule supérieure. Celle-ci diminue l’effet levier des muscles responsables de l’extension et cela est surprenant dans la mesure où la rotule simple des autres animaux (dont l’homme) a justement l’effet inverse. En effet, il s’agit d’augmenter l’effet levier afin de permettre aux muscles de ne pas trop forcer.

    « Il est possible qu’il s’agisse là d’un compromis entre la force et la vitesse. C’est comme si on rapprochait la poignée de porte de la charnière : il faudrait plus de force pour ouvrir la porte, mais elle s’ouvrirait plus vite »,
    indique Sophie Regnault, principale meneuse de l’étude.

    Ainsi, cette rotule supérieure permettrait à l’autruche d’étendre son genou plus rapidement. Quant à la seconde rotule, cette dernière servirait à protéger le tendon mais les chercheurs assurent qu’il s’agit bien là d’une hypothèse. En effet, ces derniers indiquent ne pas encore bien comprendre « l’avantage d’avoir ne serait-ce qu’une seule rotule, puisque certains animaux comme des marsupiaux ou des émeus n’en ont pas. »

    Sources : New ScientistScience & Vie

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    Une couche de suie maintient l’atmosphère de Pluton extrêmement froide

    Pluton, ce n’est pas la porte à côté. Sa distance au Soleil varie entre 4,425 milliards et 7,375 milliards de kilomètres. Difficile de se faire à l’idée. Disons simplement que Pluton est 30 fois plus éloignée du Soleil que la Terre. Bref, aussi loin de notre étoile, il fait froid, très froid. Mais à -203 °C, la température observée dans l’atmosphère de Pluton est d’environ 30 degrés plus fraîche qu’elle ne devrait l’être en théorie. Pourquoi ?

    Jusqu’à présent, tous les calculs pour expliquer la « fraîcheur » de Pluton se sont concentrés uniquement sur des gaz tels que le méthane. Les gaz présents dans l’atmosphère contrôlent en effet la température sur toutes les autres planètes de notre système solaire. Sur Terre, par exemple, nous savons que le dioxyde de carbone réchauffe notre planète en emprisonnant la chaleur du soleil. Pluton est différente, et tout se résume à de la suie. Au-dessus de la planète naine, la lumière ultraviolette du soleil brise les molécules d’azote et de méthane pour créer des ions réactifs. Ceux-ci se recombinent ensuite pour créer des molécules d’hydrocarbure monomères qui se rassemblent ensuite pour former de grands agrégats fractals qui forment de la suie. C’est elle qui maintient la température de Pluton en-dessous de ce qu’elle devrait.

    Xi Zhang et son équipe, de l’Université de Californie à Santa Cruz, ont ici calculé l’équilibre entre la quantité de rayonnement solaire absorbée par les particules de suie et la quantité de rayonnement qu’elles rejettent dans l’espace. « Fondamentalement, nous avions besoin d’un solide qui fasse office de liquide de refroidissement pour expliquer pourquoi Pluton est si froide« , explique le chercheur. « Nous avons constaté que les particules de brume abondantes peuvent fortement refroidir l’atmosphère en réémettant le rayonnement infrarouge dans l’espace, un processus non pris en compte dans les théories précédentes« . Une atmosphère atypique donc, où le rapport de force est inégal. Si la suie est en effet capable d’absorber l’énergie solaire pour chauffer l’atmosphère, l’effet « refroidissement » est plus fort. Les chercheurs constatent que les particules peuvent absorber environ 1 à 5% de l’énergie solaire entrante, le reste étant réfléchi par la surface de Pluton.

    Les calculs antérieurs se sont concentrés sur le méthane. « J’étais très perplexe quand j’ai fait les calculs », explique le chercheur, « car nous n’avions jamais vu d’atmosphère dans le système solaire contrôlée par des telles particules au lieu du gaz. Donc l’atmosphère de Pluton expose un nouveau type d’atmosphère sur les planètes« . Cette étude permet ainsi d’expliquer l’une des découvertes les plus surprenantes de New Horizon lors de son survol de Pluton en 2015.

    Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature.

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    Les singes aussi se servent de fils dentaires pour se nettoyer les dents

    On connaissait déjà la capacité de certains singes à utiliser des outils dans le but de se nourrir. Mais l’observation de la nature dans ce domaine réserve encore quelques surprises. Certains ont en effet été surpris en train de se nettoyer les dents après un bon repas, en improvisant du fil dentaire.

    Il y a quelques années, une équipe de scientifiques de l’unité de primatologie de l’Université de Kyoto observait en effet des macaques crabiers (Macaca fascicularis), en Thaïlande, grimper sur la tête des visiteuses, non pour mendier de la nourriture, mais pour arracher quelques cheveux qu’ils emportaient. Ils les utilisaient ensuite comme s’il s’agissait de fil dentaire pour se nettoyer les dents. Les macaques japonais, de leur côté, utilisent leur propre fourrure. Il semblerait que le macaque à longue queue (Macaca fascicularis umbrosus) des îles de Grand Nicobar, un archipel dans l’est de l’océan Indien, fasse également de même. Ici pas de cheveux humains, ni de fourrure, mais des plumes d’oiseaux, des fibres de noix de coco ou de simples brins d’herbe sont utilisés pour se curer les dents.

    Pour tenter d’en apprendre davantage sur les habitudes alimentaires de ces macaques, Honnavalli Kumara et son équipe, du Centre Sálim Ali d’ornithologie et d’histoire naturelle de Coimbatore, en Inde, ont en effet suivi une vingtaine de ces primates autour d’un petit village côtier de l’île. Beaucoup d’aliments ingérés par ces macaques sont épineux, visqueux, ou poilus. Pour se débarrasser de ces enduits non comestibles, les primates ont tout d’abord été observés en train de laver leurs aliments dans des flaques d’eau, ou de les envelopper dans des feuilles pour ensuite les frotter. Ils enveloppent également certains aliments dans des feuilles, des morceaux de tissus ou de plastique pour transporter leur nourriture.

    Pour certains aliments, comme les noix de coco, les macaques ont également été vus en train de taper les coquilles sur une surface dure comme un rocher ou un morceau de béton, dans le but de pouvoir les consommer. Ils ont été aperçus en train de battre les buissons avec leurs mains pour déranger les insectes cachés l’intérieur, attrapant ceux qui s’envolaient ou tombaient au sol. Tout ceci n’est très surprenant en soi ; les macaques s’adaptent bien aux paysages dominés par l’Homme, où ils ont tendance à manipuler davantage les objets pour arriver à leurs fins.

    Après avoir mangé, les macaques adultes (9 sur les 20 observés) ont, plus surprenant cette fois-ci, été surpris en train de nettoyer leurs dents. Ils utilisaient pour ce faire une variété de matériaux : une aiguille d’arbre, une plume d’oiseau, un brin d’herbe, une fibre de noix de coco, ou encore un fil de nylon, ou métallique.

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    L’électromagnétisme pourrait-il améliorer le cerveau humain ?

    Par le biais d’un simple casque occasionnant de petites impulsions électromagnétiques, il serait possible de stimuler le potentiel du cerveau. Selon les fabricants, les effets seraient multiples : fonctions cognitives améliorées, tout comme les cinq sens ainsi que les aptitudes physiques et le sens moral.

    L’humain est imparfait et il est souvent fait mention de recherches portant sur l’amélioration de l’Homme, à savoir, le transhumanisme. Il s’agit d’utiliser des moyens technologiques pour sélectionner ou modifier les caractéristiques et les capacités humaines. Dans ce sens, évoquons les implants sous-cutanés, les nootropes, ou encore les exosquelettes.

    Cependant, plutôt que de devenir un cyborg (ou un drogué) et subir des mutations physiques et/ou physiologiques, le salut ne pourrait-il pas passer par l’électromagnétisme ? Il s’agit ici d’une technique nommée stimulation magnétique transcrânienne (TMS) entrant déjà dans le diagnostic et dans le traitement de certaines affections psychiatriques et neurologiques.

    Depuis peu, il est question de rendre cette technologie accessible au grand public. En effet, des sociétés comme Halo Neroscience croient au potentiel de la TMS pour améliorer nos facultés intellectuelles, physiques et morales. La science le sait, le cerveau a un potentiel finalement peu exploité et la TMS pourrait éventuellement « débloquer » ce même potentiel.

    La TMS consiste à envoyer dans des endroits très précis du cerveau, durant quelques minutes, un courant électrique (ou un champ magnétique). Par ce biais, il serait possible de modifier l’activité des neurones et, par conséquent, toutes les fonctions qui en découlent. Le processus semble pouvoir s’installer sur le long terme et ne nécessite aucune modification corporelle puisque la TMS requiert seulement l’utilisation d’un casque ou d’électrodes.

    Comme ceux de Halo Neroscience, bien que d’autres sociétés existent, les casques proposés pour quelques centaines d’euros pourraient aider les sportifs dans leurs entraînements, les musiciens dans leurs répétitions, la mémoire des étudiants, et même permettre aux férus de jeux vidéos d’améliorer leurs scores.

    Crédits : Halo Neroscience

    Sources : Science & VieDoctissimo

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    Cryogénisation : une nouvelle bactérie va améliorer le procédé !

    Une équipe franco-britannique de chercheurs est parvenue à mettre au point une bactérie antigel biodégradable, évitant ainsi la formation de cristaux au cours de la congélation. Des applications en sciences et en agroalimentaire sont à prévoir. 

    Des chercheurs français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont associé leurs compétences avec celles des chercheurs anglais de l’Université de Warwick pour mettre au point la polyproline. Il s’agit d’une protéine antigel biodégradable aux applications multiples, notamment dans la cryogénisation de cellules.

    La cryogénisation permet de conserver cellules à des températures très basses, à savoir -196 °C, afin de pouvoir les réactiver par la suite, les « ressusciter ». Elle est la spécialité de l’équipe britannique. Côté français, ce sont des recherches sur la céramique qui ont été réalisées, notamment sur ses utilisations industrielles. « On se sert de la congélation et des cristaux de glace pour élaborer des céramiques poreuses. Par ce procédé, nous sommes capables de contrôler la croissance des cristaux, c’est dans ce contexte qu’on a contribué à comprendre comment la protéine fonctionne », explique Sylvain Deville, du centre de recherche de Saint-Gobain, rattaché au CNRS, à 20minutes.

    C’est en étant à la fois hydrophile et hydrophobe que la polyproline fonctionne, puisque cela lui donne le pouvoir de bloquer la recristallisation. « Quand on congèle de la glace à la vanille, au bout d’un certain moment des paillettes se forment et grossissent ce qui est dommageable pour les cellules. Cette protéine permet de ralentir très fortement l’apparition de cristaux » ajoute Sylvain Deville, expliquant que la protéine est biodégradable.

    La première application possible pour cette protéine se trouve dans la cryogénisation de cellules, comme les cellules reproductrices, les globules rouges et le sang. « Ça permettrait d’améliorer les procédés car il y a toujours des pertes de cellules. On est aussi obligé d’ajouter des solvants pour éviter la croissance de cristaux de glace, qu’on doit éliminer lors de l’utilisation des cellules », précise Sylvain Deville.

    L’exemple de la glace à la vanille évoqué par le chercheur nous informe également d’une possible application de cette protéine dans le domaine agroalimentaire. « Elle est composée d’acides aminés donc j’imagine qu’elle est comestible. C’est d’autant plus important que le marché de l’agroalimentaire représente 30 millions de dollars, beaucoup plus que la cryogénisation », conclut le chercheur.

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    Qui a tué le paresseux géant ?

    Il y a 9 millions d’années, les paresseux géants peuplaient l’Amérique du Sud avant de commencer à migrer vers l’Amérique du Nord. L’espèce s’est ensuite éteinte, mais les raisons de cette extinction sont encore discutées : l’arrivée des Hommes ? Événements naturels ? Aux Caraïbes, la réponse ne fait en revanche plus aucun doute.

    Difficile de distinguer les effets de l’Homme des changements climatiques naturels sur la faune, surtout si les deux surviennent à la même époque. C’est notamment le cas en Amérique du Nord, où de nombreuses espèces ont disparu vers la fin de la période glaciaire, il y a environ 12 000 ans, à l’heure où les premiers Hommes débarquaient. Attribuer un blâme est impossible. En revanche, pour les Caraïbes, c’est différent. Une étude menée par des chercheurs de l’Université John Hopkins de Baltimore, dans le Maryland, relève en effet que si l’ère glaciaire a pris fin il y a 12 000 ans, les preuves archéologiques montrent que les humains n’ont débarqué dans ces îles qu’il y a environ 5 000 ans, époque à laquelle nos chers paresseux ont disparu.

    « Arrivée des Hommes et changements climatiques se produisent à des moments similaires sur de nombreux continents », explique Alexis Mychajliw, coauteur de l’étude. « Cependant, les îles du monde entier n’ont généralement été colonisées que plus tard, et nos recherches suggèrent des impacts écologiques à chaque fois que les humains débarquent ». Ici, les grands mammifères ont quasiment tous disparu dans les Caraïbes après l’arrivée des humains. Sur les 130 mammifères figurant en effet dans les archives fossiles, seuls 73 survivent aujourd’hui. Les recherches montrent également qu’il y a 500 ans, une deuxième extinction de masse est survenue suite à l’arrivée des Européens.

    Cette fois, ce sont les petits mammifères qui ont succombé. « Les rongeurs endémiques, des petits insectivores ressemblant à des musaraignes et de nombreuses espèces de chauves-souris n’avaient aucune chance », explique Siobhán Cooke, coauteur de l’étude. Les nouveaux arrivants avaient effectivement embarqué dans leurs cargaisons des colonisateurs du Vieux Monde, comme des chats, des rats, des chiens, des vaches et des mangoustes. « C’est une étude des plus élégantes », raconte Ross MacPhee, expert en paresseux au Musée américain d’histoire naturelle de New York. « Il y a rarement qu’un fusil fumant pour expliquer une extinction, mais cette étude nous montre que la plupart des pertes enregistrées aux Antilles sont corrélées avec l’arrivée des Hommes ».

    Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics.

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    Manger des épinards nous rend-il réellement costaud ?

    « Mangez des épinards si vous voulez être forts comme Popeye ! » disaient les parents à leurs enfants il y a encore quelque temps. En effet, le célèbre marin de la bande dessinée éponyme avalait sans compter les conserves d’épinard afin d’acquérir une force surhumaine ! Qu’en est-il réellement ?

    Originaire d’Iran, l’épinard est une plante potagère aujourd’hui cultivée dans toutes les régions tempérées du globe. Bien que célébrée comme un aliment riche en fer dans la bande dessinée Popeye, d’où le héros puise son incroyable force, l’épinard n’en contient en réalité pas énormément.

    En effet, croire que les épinards sont riches en fer est une erreur plus que centenaire ! Il s’agit même d’une erreur de virgule, dont le responsable est le biochimiste allemand Emile von Wolf. Ce dernier a, en 1870, attribué à l’épinard une teneur en fer de 27 milligrammes par 100 grammes au lieu des 2,7 milligrammes réels.

    Rappelons que le fer est le composant principal de la myoglobine, une protéine dont la mission est de transporter l’oxygène vers les muscles. Ainsi, avec l’arrivée de la bande dessinée Popeye et son succès après 1930, la réputation des épinards n’était plus à faire. La relation entre l’aliment et le personnage principal avait en quelque sorte scellé, jusque dans les mœurs du public, l’idée que les épinards rendaient costaud.

    Évidemment la réalité est tout autre et de nombreux aliments contiennent parfois beaucoup plus de fer que les épinards. Citons par exemple le thym (87mg/100g), le boudin noir (22,8 mg/100g), la cannelle (18,2 mg/100g), le son de blé (16mg/100g) ou encore les lentilles (8mg/100g).

    En revanche, si la teneur en fer des épinards est banale, ceux-ci sont forts en antioxydants, vitamines et minéraux. Par exemple, il s’agirait d’un des légumes les plus fournis en bétaïne, un composé azoté bénéfique pour le foie prévenant les maladies cardiovasculaires. Citons également l’acide férulique, un composé antioxydant qui protégerait du cancer du côlon.

    Voici un court épisode de Popeye montrant à quel point l’épinard était célébré :

    Sources : Science & VieTop Santé

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    La Nasa publie une sublime vidéo de notre planète, sur fond de « Sound of Silence »

    Le Johnson Space Center de la NASA nous ravit en cette fin d’année. Très présente sur les réseaux sociaux, l’agence vient de mettre en ligne une vidéo hypnotique et sublime compilant des images prises depuis la Station spatiale internationale (ISS), le tout sur fond de « Sound of Silence ».

    Notre planète est en souffrance mais elle est toujours aussi belle, vue d’en haut. En témoigne cette dernière compilation de vidéos prises par les membres actuels l’Expedition 53 : le Commandant Randy Bresnik et ses ingénieurs Sergey Ryazanskiy et Paolo Nespoli. Ces images, déjà merveilleuses, sont encore plus belles accompagnées. Il y a deux ans, le groupe de heavy metal américain Disturbed sortait une reprise dramatique et obsédante du classique de Paul Simon, « The Sound of Silence ». Une reprise audacieuse qui leur avait même valu une nomination aux Grammy Awards. La NASA combine aujourd’hui cette chanson avec des visuels époustouflants capturés à bord de l’ISS, pour notre plus grand plaisir.

    L’agence nous offre ainsi des vues panoramiques de la surface de notre planète, avec de brefs aperçus d’orages vus depuis l’espace, une myriade de lumières scintillantes dans la nuit et même des aurores qui tourbillonnent dans le ciel. Ces images ont toutes été prises entre août et octobre de cette année. Elles ne représentent ainsi qu’une infime partie des milliers de photos prises par les astronautes qui, rappelons-le, orbitent autour de la Terre toutes les 90 minutes (ça file, 27 000 km/h).

    Pendant ce temps là, les recherches se poursuivent à bord de l’ISS. La firme américaine Orbital ATK lançait ce dimanche sa capsule non habitée Cygnus vers la station pour une nouvelle mission de fret. La fusée Antares à deux étages a décollé du centre spatial de Wallops Island, sur la côte de Virginie (est des Etats-Unis), et arrivera aux abord de l’ISS ce mardi. Il s’agit de la huitième mission d’approvisionnement d’Orbital vers l’avant-poste orbital dans le cadre d’un contrat de 1,9 milliard de dollars avec la Nasa. Cygnus doit acheminer 3,3 tonnes d’aliments, de fournitures, d’équipements et de matériels pour des expériences scientifiques, y compris un satellite qui doit tester la façon dont les bactéries se développent en microgravité. Cela devrait permettre de déterminer la quantité minimum d’antibiotiques nécessaires pour les neutraliser.

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    Il y a trop d’antimatière sur Terre, mais personne ne sait pourquoi

    Au milieu des rayons cosmiques à grande vitesse qui douchent continuellement notre planète se trouve une poignée de particules d’antimatière appelées positrons. Les astronomes pensaient jusqu’ici que ceux-ci nous provenaient de pulsars, mais une étude suggère que ce n’est finalement pas le cas.

    Pourquoi y a-t-il trop de positrons (ou d’antiélectrons) sur Terre ? Difficile à savoir tant que nous ne saurons pas exactement où et comment ces particules sont fabriquées. En 2008, une sonde appelée PAMELA, qui étudiait les rayons cosmiques depuis son orbite autour de la Terre, avait effectivement détecté plus de positrons que ce que les théories ne le suggéraient. Certains avaient alors incriminé les pulsars, ces étoiles à neutrons qui canalisent les particules chargées en un faisceau avec leurs champs magnétiques super-puissants.

    Ce faisceau décrit un cercle autour de l’étoile qui tourne sur elle-même à des vitesses folles. Vue de la Terre, l’étoile donne ainsi l’impression de « pulser », un peu comme un phare. Lorsque ce faisceau se transforme en poussières et gaz environnants, il agit alors comme un accélérateur de particules géant, brisant des particules et produisant ainsi de la matière nouvelle. Au milieu de ce carnage peuvent alors émerger des particules d’antimatière, qui se retrouvent alors emportées sur les ondes de choc produites par les collisions. Du moins, c’est ce que les théories prédisent. Ainsi, les pulsars se présentaient comme de parfaits coupables pouvant expliquer l’excès d’antimatière enregistré sur notre planète.

    Pour tenter d’en savoir plus, et tester l’hypothèse selon laquelle cet excès d’antimatière pourrait avoir être fouetté par des pulsars, une équipe de chercheurs a récemment analysé les mesures de l’Observatoire de haute altitude de Tchérenkov (HAWC), au Mexique. Quelques objets, situés à seulement quelques centaines d’années-lumière ont alors été étudiés. « Les détecteurs de l’observatoire HAWC ont enregistré les rayonnements gamma émis, entre autres, par une certaine population d’électrons produits par des pulsars », explique le physicien Francisco Salesa Greus de l’Académie polonaise des sciences de Cracovie qui a participé à l’étude. « La question fondamentale était : y a-t-il assez de ces électrons pour produire le bon nombre de positons ? ». La réponse était non.

    Après 17 mois passés à collecter des données et à les analyser en profondeur, les chercheurs ont en effet découvert que les pulsars étaient responsables d’une certaine quantité de positrons à très haute énergie, mais ce chiffre était encore trop faible et ne correspond pas aux quantités enregistrées. Il doit donc y avoir autre chose, une autre source. Selon les scientifiques, l’une de ces sources pourrait être la désintégration de particules massives de matière noire. L’idée est tentante, d’autant plus que cela nous permettrait de faire la lumière sur cette matière qui constitue le quart de la masse de l’Univers. En attendant, le mystère demeure.

    Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Science.

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    Des experts sont parvenus à pirater un avion de ligne à distance

    Pour mettre l’accent sur les insuffisances des dispositifs de sécurité informatique des avions, une équipe d’experts américains a pénétré à distance le système informatique d’un Boeing 757 via des radiofréquences.

    C’est une équipe de spécialistes du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (Department of Homeland Security) qui est parvenue, il y a un an, à pirater à distance tout le système informatique d’un avion de ligne, un Boeing 757. Une expérience qui fut réalisée sans la participation d’une personne présente à bord de ce dernier. Tout juste rendue publique, l’information est relayée par la revue Avionics.

    Ce piratage date du mois de septembre 2016 et a été effectué sur un Boeing 757 de l’ancienne génération. Si l’information est rendue publique, la méthode employée ne l’est pas ; même si l’on sait que les experts ont utilisé des radiofréquences pour procéder à ce piratage à distance et qu’ils précisent avoir utilisé un équipement qui pourrait passer des contrôles de sécurité dans un aéroport.

    Un piratage inquiétant visant à attirer l’attention sur les insuffisances des dispositifs de sécurité informatique des avions. Car, si les réseaux informatiques terrestres sont surveillés et protégés, il en est autrement dans l’aviation. « Qu’il s’agisse de l’armée de l’air des États-Unis ou du secteur commercial, il n’existe pas d’équipe de maintenance formée à la gestion de cybermenaces à bord d’un avion », explique Robert Hickey, responsable du programme aviation au sein de la division cybersécurité du Department of Homeland Security, en charge de cette mission.

    L’expert affirme qu’à ce jour, 90 % des avions de ligne circulant dans le monde ont un niveau de sécurité similaire à celui du Boeing utilisé pour cette expérience. Selon lui, il est essentiel de mettre à jour des formations spécifiques face à ces menaces. Aussi, il explique que la moindre faille de sécurité représente un coût immense en terme de sécurité et de temps. En effet, modifier la moindre ligne de code sur ces systèmes coûterait environ un million de dollars et demanderait au minimum un an pour son application.

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