in ,

Une intelligence artificielle pour nous rendre « invisibles » ?

Crédits : University of Toronto

Des chercheurs canadiens ont mis au point une sorte de « filtre de confidentialité » destiné à permettre aux utilisateurs de protéger leur vie privée face aux systèmes de reconnaissance faciale, présents notamment sur les réseaux sociaux.

Évidemment, il ne s’agit pas d’un système capable de nous rendre invisibles dans la vie réelle, mais sur Internet, notamment face à la reconnaissance faciale utilisée par certains services de photo en ligne et réseaux sociaux. Par exemple, Facebook se sert de ce moyen pour informer un internaute si une photo lui appartenant a été partagée par un tiers.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Toronto (Canada) propose une sorte de cape d’invisibilité à utiliser sur le Web : un algorithme d’apprentissage profond ayant la capacité de perturber les systèmes de reconnaissance faciale. De plus, pas moins de deux réseaux neuronaux sont à l’œuvre, comme l’explique un communiqué de l’établissement publie le 31 mai 2018.

Le premier réseau neuronal identifie les visages et le second se charge de saboter le travail du premier. En réalité, les deux réseaux neuronaux s’affrontent en permanence et évoluent en apprenant l’un de l’autre. Le réseau neuronal dont la mission est de brouiller le système de reconnaissance faciale cible la base même de son fonctionnement. Par exemple, si la reconnaissance faciale tente de s’appuyer sur les yeux de l’utilisateur, le réseau neuronal va modifier cette partie et faire échouer la reconnaissance.

Les chercheurs canadiens ont affirmé avoir testé leur programme sur près de 600 visages, et avoir réduit l’efficacité du système de reconnaissance faciale de 100 % à 0,5 %. Par ailleurs, il faut savoir que l’algorithme en question est comparable à un filtre Instagram à appliquer aux photos afin d’éviter leur utilisation par un système de reconnaissance faciale. À terme, les chercheurs ont également déclaré vouloir rendre leur invention disponible au grand public sous la forme d’une plateforme Web ou d’une application smartphone.

D’une manière plus générale, la reconnaissance faciale est parfois reconnue pour son utilité – mais également comme une certaine atteinte à la vie privée. Récemment, des milliers d’enfants disparus en Inde ont été retrouvés grâce à cette technologie. En revanche en Chine, les services de police de Zhengzhou ont adopté des lunettes de reconnaissance faciale pour faciliter les contrôles d’identité, et un lycée l’utilise pour surveiller l’attention de ses élèves en classe.

Sources : EurekAlert!Futura SciencesIT PRO