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Le mystère des « chapeaux » des géants de l’île de Pâques est enfin élucidé

statues Moai île Pâques
Crédits : SW Hixon et al.

Certaines des statues moai de l’île de Pâques sont ornées de grands chapeaux rouges, dont les plus lourds pèsent jusqu’à 13 tonnes. Les archéologues se sont toujours demandés comment ces chapeaux s’étaient retrouvés positionnés au sommet de ces géants. Nous pourrions enfin avoir la réponse – et elle est étonnamment simple.

Située à plus de 3 000 km de la côte ouest du Chili, l’île de Pâques est l’une des terres les plus isolées du monde. Longue de 24 km pour 12,2 km de large, l’île était autrefois le foyer d’une population polynésienne prospère. Elle est aujourd’hui célèbre pour ses statues mesurant près de 10 mètres de haut et pesant chacune plus de 81 tonnes. Ces dernières ont été faites à partir de roches volcaniques provenant d’une carrière voisine. Pour les mettre en place, les anciens polynésiens déplaçaient les grandes figures d’avant en arrière dans un mouvement de marche – semblable à la façon dont nous pourrions bouger un réfrigérateur aujourd’hui.

Certaines de ces statues étaient dotées de grands chapeaux appelés pukao, fabriqués à partir de scories rouges, un matériau provenant d’une carrière différente située à quelques kilomètres. Sculptés sur place dans une forme cylindrique, ces « chapeaux » ont ensuite été roulés vers la carrière voisine, pour orner les têtes de ces géants.

Mais comment les bâtisseurs polynésiens ont-ils placé ces chapeaux de 12 tonnes sur ces statues de 10 mètres de haut ? Auparavant, certains archéologues soutenaient l’idée qu’ils avaient été attachés à la tête avant d’être levés en même temps que les statues. Mais des restes de statues brisées et abandonnées trouvées sur l’île suggèrent que ce n’était pas le cas : les chapeaux ont bel et bien été rajoutés une fois les statues érigées. Une récente étude publiée dans le Journal of Archaeological Science suggère aujourd’hui que des cordes auraient été utilisées pour faire rouler les chapeaux sur une rampe (voir le diagramme ci-dessous).

Image: SW Hixon et al., 2018

Le « parbuckling » est une méthode relativement simple, souvent utilisée pour redresser les bateaux chavirés. Le pukao en forme de cylindre était entouré d’une corde que les ouvriers tiraient ensuite ensemble, roulant progressivement l’objet jusqu’au sommet de la rampe. Fait surprenant, les chercheurs ont calculé que seulement 10 à 15 travailleurs étaient nécessaires pour effectuer la tâche. Une fois en haut de la rampe, les chapeaux auraient ensuite été placés dans la bonne direction, et des éclats de scories rouges trouvés à la base d’une statue soutiennent cette assertion.

Cette nouvelle recherche montre que la construction de ces statues n’était finalement pas exigeante en main-d’œuvre ni en ressources, preuve que les solutions les plus simples sont parfois les meilleures.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans le Journal of Archaeological Science.

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