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C’est officiel, la pollution plastique s’étend jusqu’en Antarctique

glacier fonte
Crédits : iStock

Une équipe de scientifiques rapporte avoir décelé la présence de traces de plastiques et de produits chimiques dangereux en Antarctique, jusqu’alors préservée des effets néfastes de l’activité humaine.

Des échantillons d’eau et de neige recueillis au cours d’une période de trois mois brossent un tableau navrant des conséquences environnementales de notre mode de vie moderne. Suite à ce nouveau rapport signé Greenpeace – l’un des plus détaillés publiés à ce jour – les environnementalistes réclament des mesures drastiques pour freiner la propagation de ces polluants, avant qu’ils ne nuisent à l’écosystème antarctique.

« Nous pouvons penser à l’Antarctique comme une région sauvage éloignée et vierge », explique Frida Bengtsson, de Greenpeace. « Mais de la pollution au changement climatique, en passant par la pêche industrielle du krill, l’empreinte de l’humanité est très claire. Ces résultats montrent que même les habitats les plus reculés de l’Antarctique sont contaminés par des déchets microplastiques et autres produits chimiques dangereux persistants ».

Sept échantillons d’eau de mer sur huit contenaient des microplastiques, et en surface des fragments de cette matière ont été recueillis dans des filets près d’une fois sur quatre. Pendant ce temps, sept des neuf échantillons de neige présentaient des traces de produits chimiques toxiques associés aux processus industriels humains et à la production de biens de consommation. Ces produits nocifs sont également liés aux problèmes de reproduction et de développement de la faune. En effet, les substances alkylées perfluorées et polyfluorées (ou PFAS) ne se forment pas naturellement et se dégradent très lentement, voire pas du tout.

« Nous avons également vu toutes sortes de déchets provenant de l’industrie de la pêche dans l’Antarctique, poursuit Frida Bengtsson. Des bouées, des filets et des bâches dérivaient entre les icebergs, c’était vraiment triste à voir. Nous devons mettre cette zone hors de portée de l’activité humaine si nous voulons protéger l’incroyable faune de l’Antarctique ».

Les chercheurs expliquent par ailleurs vouloir mettre en place un sanctuaire de l’océan Antarctique, d’une superficie d’environ 1,8 million de kilomètres carrés, où les baleines, les pingouins et d’autres espèces marines pourront s’épanouir dans des eaux protégées.

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