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Les bébés devraient se mélanger avec d’autres enfants pour réduire le risque de leucémie

Crédits : Flickr / Donnie Ray Jones

Ne pas s’habituer aux bons germes au cours de la première année de vie pourrait être l’une des principales causes de la forme la plus courante de leucémie infantile. Une étude suggère en effet que la leucémie lymphoblastique aiguë pourrait être évitée en sensibilisant le système immunitaire du nourrisson dès la première année, notamment en l’exposant à des microbes inoffensifs.

Après 30 années de recherches, une étude conclut aujourd’hui que la leucémie aiguë lymphoblastique – une forme de cancer qui affecte les cellules productrices de sang dans la moelle osseuse – est probablement déclenchée par une variété d’infections chez les enfants. Ces derniers seraient prédisposés à la maladie parce que leur système immunitaire n’aurait pas été correctement préparé. Un large éventail de déclencheurs possibles avait jusqu’alors été proposé comme l’exposition aux rayonnements de polluants chimiques, mais selon le très respecté professeur Mel Greaves, la leucémie aiguë infantile n’a rien à voir avec les lignes électriques ou les stations de retraitement de combustible nucléaire. Il semblerait que la maladie soit finalement due à une combinaison de mutations génétiques et d’infections infantiles.

Un enfant sur 20 naît avec une mutation génétique qui le met potentiellement en danger, note le chercheur. Mais il ira bien si son système immunitaire est correctement calibré. Pour cela, il doit rencontrer des bactéries bénignes ou des virus dans sa première année de vie. Ceux dont le système immunitaire ne fonctionne pas complètement parce qu’ils n’ont pas été en contact avec ces éléments – et qui plus tard ont eu une infection comme le rhume ou la grippe – pourront effectivement développer une deuxième mutation génétique qui les rendra plus vulnérables au cancer. Les données compilées depuis plusieurs années montrent d’ailleurs que des pics de leucémie infantile peuvent survenir six mois après les pics d’épidémie de grippe. Cela pourrait également expliquer pourquoi les bébés qui ne sont pas allaités, ceux ne se mêlent pas aux autres enfants, ceux qui sont nés par césarienne ou ceux n’ayant pas de frères et sœurs sont plus susceptibles de développer la maladie.

La même chose est également vraie pour le diabète de type 1, le lymphome de Hodgkin, la sclérose en plaques ou les allergies, par exemple. Tous les taux sont bas ou inexistants dans les pays les plus pauvres, où les familles ont beaucoup d’enfants et où les infections croisées sont courantes. La leucémie aiguë lymphoblastique est en revanche particulièrement répandue dans les sociétés avancées et prospères, et son incidence augmente d’environ 1 % par an.

« Le problème n’est donc pas l’infection, mais le manque d’infections, note le médecin. J’espère que cette recherche aura un impact réel sur la vie des enfants, l’implication la plus importante étant que la plupart des cas de leucémie infantile sont susceptibles d’être évités, ce qui pourrait être fait de la même manière que pour les maladies auto-immunes, en exposant les bébés à une variété de germes communs et inoffensifs ».

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