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Les bactéries résistantes pourraient-elles nettoyer la nature des rejets humains d’antibiotiques ?

Crédits : Pixabay

Il est vrai que la résistance aux antibiotiques devient progressivement un sérieux souci, mais il faut savoir que certaines bactéries font plus que résister : celles-ci se nourrissent directement de ces mêmes antibiotiques ! Des chercheurs estiment que ces bactéries pourraient un jour permettre de nettoyer la nature des rejets humains d’antibiotiques.

La résistance aux antibiotiques est en passe de devenir une question de santé publique majeure dans le monde, ceci est indéniable. Par ailleurs, ceux-ci sont massivement rejetés dans la nature par les humains, se retrouvant dans les cours d’eau et les sols. Mais selon les chercheurs de l’Université Washington de Saint-Louis (États-Unis), certaines bactéries pourraient nettoyer l’environnement de la présence des antibiotiques.

Dans leur étude parue le 30 avril 2018 dans la revue Nature Chemical Biology, les chercheurs indiquent qu’il est dans le futur question de «mettre au point des bactéries capables de nettoyer les sols et les cours d’eau contaminés par ces médicaments et, ainsi, de ralentir la progression de la résistance.»

Les scientifiques ont voulu mieux comprendre le mécanisme permettant de transformer un antibiotique en nourriture pour certaines bactéries. Ainsi, quatre bactéries retrouvées dans les sols ont été analysées, se nourrissant de pénicilline – le tout premier antibiotique découvert il y a presque un siècle ! Les bactéries en question utilisent la pénicilline comme une source de carbone, un élément vital pour ces dernières.

Les chercheurs ont compris que dans un premier temps, les bactéries neutralisaient la partie de l’antibiotique censée les combattre. Cependant, leur manipulation est loin d’être chose aisée et les scientifiques espèrent reproduire l’expérience avec d’autres bactéries (comme Escherichia coli) modifiées génétiquement, plus simples à utiliser.

Le fait est que les chercheurs tentent actuellement de comprendre comment il serait possible d’accélérer le processus de transformation des antibiotiques en nourriture, tout simplement parce-que celui-ci est très lent. Ainsi, les auteurs de l’étude ne cachent pas la difficulté de ces recherches, et indiquent clairement qu’il serait aujourd’hui «illusoire de répandre ces bactéries sur un sol pollué en attendant qu’elles nettoient tout ». En attendant, les scientifiques savent déjà comment les bactéries s’y prennent, et cela est sans aucun doute le début d’une piste très sérieuse !

Sources : Science DailySciences et Avenir