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La NASA annonce la présence de geysers d’eau sur Europe, la lune de Jupiter

Crédits : NASA/JPL-Caltech/Univ. of Michigan

La NASA confirmait il y a quelques minutes des dégagements de vapeurs enregistrés sur Europe, la lune de Jupiter, qui pourrait potentiellement héberger la vie. Une révélation enfouie profondément dans les archives de la sonde Galileo qui survolait l’un des geysers de la lune en 1997, collectant des données qui avaient été négligées à l’époque.

Comme Encelade, la lune de Saturne, Europe, la lune de Jupiter, est l’un des lieux les plus prometteurs pour chercher de la vie extraterrestre dans notre système solaire. C’est du moins ce que vient de confirmer la NASA durant une conférence tenue ce lundi 14 mai 2018. Nous savions déjà que cette lune abrite un océan liquide sous une épaisse couche de glace. On trouve également sous cette croûte une intense activité tectonique, permettant les puissants jets de vapeur d’eau qui s’échappent périodiquement depuis sa surface. Celui repéré sans le savoir par la sonde aurait atteint une centaine de kilomètres de haut.

« Il y avait quelques caractéristiques anormales dans ce passage en décembre 1997 que nous n’avons jamais complètement compris« , note Margaret Kivelson, scientifique senior de la mission Galileo et professeur émérite de physique spatiale à l’Université de Californie à Los Angeles. « Nous les avons regardés plus attentivement et avons constaté qu’elles étaient exactement ce que vous vous attendiez à avoir si vous voliez à travers un panache« .

Lors du survol de la sonde, les instruments à bord avaient en effet détecté une torsion brève, mais dramatique du champ magnétique et une augmentation soudaine et rapide de la densité du plasma, ou gaz ionisé, que traversait le vaisseau spatial. Des simulations informatiques réalisées par Xianzhe Jia, de l’Université du Michigan, ont montré qu’un geyser de plus de 100 km de haut émergeant d’une zone relativement chaude sur Europe pouvait créer exactement les mêmes lectures. Lorsque des panaches émergent, les molécules sont immédiatement attaquées par des particules hautement énergétiques, un processus qui les écrase en ions chargés. Ce sont ces ions qui produisent des oscillations rapides dans un champ magnétique et augmentent la densité du plasma au-dessus du geyser.

« Notre détection d’un panache basé sur les données de Galileo renforce notre idée d’une exploration future de la lune« , note Xianzhe Jia. Une mission de la NASA, Europa Clipper, devrait être lancée dans les années 2020 dans le but explicite de découvrir si la lune jovienne pouvait abriter la vie. Une autre mission, Jupiter Icy Moons Explorer, ou Juice, de l’ESA, devrait être lancée à la même époque et effectuer des survols d’Europe et de deux autres lunes joviennes, Ganymède et Callisto.

« Compte tenu de la preuve des panaches disponibles jusqu’à présent, il y a de bonnes chances que ces engins spatiaux puissent obtenir des mesures directes de panaches éjectant des matériaux de l’océan sous la surface dans l’espace« , poursuit le chercheur. « Ces observations nous fourniront des informations cruciales pour évaluer le potentiel de vie d’Europe« .

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