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La découverte d’un fossile de mammifère suggère que la Pangée s’est scindée plus tard que prévu

Capture vidéo Youtube TechInsider

La découverte d’un fossile datant de 130 millions d’années révèle que la Pangée – cet ancien super-continent – s’est peut-être brisée plus lentement que les scientifiques ne le pensaient auparavant.

En 2006, une équipe de paléontologues de l’Utah examinait les fossiles d’un grand dinosaure lorsqu’ils tombèrent – sous l’une de ses pattes de celui-ci- sur un minuscule crâne, différent de tout ce qu’ils avaient vu dans la région. Il s’avère que le crâne fossilisé appartenait à un ancien parent des mammifères modernes qui, il y a quelque 130 millions d’années, évoluaient en Amérique du Nord.

« En nous basant sur la découverte improbable de ce crâne fossile presque complet, nous reconnaissons maintenant un nouveau groupe cosmopolite de parents des premiers mammifères », note Adam Huttenlocker de l’Université de Californie du Sud (États-Unis) et principal auteur de l’étude. En utilisant des scanners à haute résolution (CT), les chercheurs ont estimé que la créature pesait 1,1 kg et était probablement de la taille d’un petit lièvre – un géant parmi ses contemporains à l’époque. L’espèce vient par ailleurs d’être nommée Cifelliodon wahkarmoosuch.

Alors que les grands bulbes olfactifs de l’animal laissent présager un fort odorat, ses orbites sont en revanche minuscules, ce qui suggère une vision des couleurs médiocres. L’animal était donc probablement nocturne et dépendait de son flair pour déraciner la nourriture. Une découverte incroyable en soi, qui change également notre compréhension de l’évolution des mammifères.

Crédits : Keck School of Medicine of USC/Jorge A. Gonzalez

« Pendant longtemps, nous avons pensé que les premiers mammifères du Crétacé (il y a 145 à 66 millions d’années) étaient anatomiquement similaires et pas écologiquement divers », poursuit le chercheur. « Cette découverte confirme que, même avant la montée des mammifères modernes, d’anciens parents de mammifères exploraient des niches de spécialité : insectivores, herbivores, carnivores, nageurs, planeurs. Fondamentalement, ils occupaient déjà une variété de niches que nous les voyons occuper aujourd’hui ».

La découverte change également notre vision de la période au cours de laquelle les ancêtres des mammifères éteints, appelés Haramiyida, se sont dispersés à travers les continents. La plupart des fossiles d’haramiyidan découverts jusqu’ici dataient du Trias et du Jurassique d’Europe, du Groenland et d’Asie. Mais celui-ci est le premier grand crâne datant du début du Crétacé (il y a 145 à 101 millions d’années) en Amérique du Nord. Cela signifie que les haramiyidans doivent avoir existé globalement durant la transition Jurassique-Crétacé. Il s’ensuit que les couloirs de migration entre les masses continentales de la Pangée doivent être restés intacts tout au long du Crétacé inférieur.

Selon l’hypothèse de la dérive des continents, la Pangée a commencé à se désagréger il y a environ 225-200 millions d’années. Cette nouvelle étude suggère que la division de la Pangée a finalement pris environ 15 millions d’années de plus que prévu. Alors que les couloirs de migration étaient ouverts, les premiers spécimens précurseurs des mammifères ont alors probablement migré de l’Asie vers l’Europe, puis vers l’Amérique du Nord et les principaux continents du Sud.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature.

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