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La Chine part à l’assaut de la face cachée de la Lune

Crédits : Pixabay

Jusqu’ici, personne n’a jamais envoyé d’atterrisseur de « l’autre côté » de la Lune, et la Chine est aujourd’hui sur le point de le faire. Un petit robot devrait être déployé sur la face cachée de noter satellite courant 2018, selon l’agence spatiale chinoise.

Une fusée Longue Marche-4C décollait ce lundi à 05H28 heure locale depuis la base de lancement de Xichang (sud-ouest), avec à son bord le satellite Queqiao qui poursuit actuellement sa route dans l’espace. L’engin orbitera autour de la Lune pour relayer les messages de l’atterrisseur Chang’e-4, qui devrait être envoyé sur le côté obscur de la Lune dans les prochains mois. Lors de l’arrivée du robot, le satellite sera donc chargé d’assurer les échanges avec la Terre. « Ce lancement est une étape cruciale pour la Chine dans son objectif de devenir le premier pays à envoyer une sonde capable d’alunir en douceur et d’explorer la face cachée de la Lune », s’est félicité Zhang Lihua, le responsable du projet de satellite.

Le robot sera envoyé d’ici fin 2018 dans le bassin Pôle Sud-Aitken, une zone censée avoir un grand potentiel pour les recherches. Nous avons déjà vu le côté obscur de la Lune grâce à des sondes, des orbiteurs et à l’occasion aux missions Apollo, mais le seul objet fabriqué par l’homme à y être allé s’est écrasé sur la surface lunaire. Il s’agissait de Ranger 4, une sonde conçue pour transmettre des images de la Lune. L’engin a mal fonctionné et aucune donnée scientifique n’a pu être retournée. C’est donc ici une grande première.

Pour ce faire, le satellite de 425 kg pensé par l’Académie chinoise de technologie spatiale (CAST), sera installé sur une orbite très particulière au niveau d’un point de Lagrange – l’endroit où les forces gravitationnelles combinées de la Terre et de la Lune créent une petite zone de stabilité gravitationnelle – à 65 000 km de la Lune. De là, le satellite pourra communiquer en même temps et de manière continue avec les stations au sol terrestre et avec le robot sur la face cachée de la Lune. Notons qu’un autre robot (Chang’e-5) devrait également être envoyé sur la Lune en 2019 pour y collecter des échantillons et les ramener sur Terre.

Mais Queqiao ne fera pas que se tourner les pouces en attendant Chang’e-4. Équipé d’une antenne radio développée par l’Institut néerlandais de radioastronomie, le satellite devrait également servir pour l’enregistrement de signaux astronomiques à basse fréquence (inférieures à 30 MHz), inaccessibles depuis la Terre car bloqués par l’atmosphère. Cela devrait nous ouvrir une fenêtre d’observation inédite sur les planètes et le Soleil, et permettre de remonter le temps jusqu’à l’âge sombre de l’Univers – avant la naissance des étoiles. Ce sont en effet ces fréquences qui contiennent en particulier des informations sur l’Univers primitif.

Notons par ailleurs que Chang’e-4 transportera avec lui une charge utile tout à fait particulière : des graines de pommes de terre et des fleurs d’arabidopsis, ainsi que des cocons de vers à soie. Ceux-ci seront conservés dans une mini-biosphère et observés pour voir s’ils peuvent pousser sur la Lune.

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