in

X Prize relance une course privée sur la Lune, mais sans Google

Le module Moon Express MTV-1X Crédits : Capture YouTube / Moon Express

Il n’y avait finalement pas eu de gagnant du Lunar X Prize, mis en place par Google il y a maintenant plus de 10 ans. Les finalistes ont manqué d’argent et n’ont pu se mettre d’accord sur les délais et les dates de lancement. La compétition avait tout de même eu le mérite de stimuler l’innovation, et de concentrer à nouveau notre attention sur la Lune. Mais bonne nouvelle, la compétition semble relancée. En revanche, il manque juste un sponsor.

En 2007, Google a mis en place le Google X Prize. L’idée était de récompenser la première entreprise privée parvenant à construire un véhicule lunaire, à le lancer et à le faire atterrir sur la Lune. La machine devait également réussir à parcourir au moins 500 mètres et à transmettre à la Terre des photos et vidéos de son voyage sur la surface de la Lune. Le Lunar X Prize était initialement prévu pour 2012, mais a été prolongé jusqu’en 2015, puis de nouveau jusqu’en 2017, jusqu’à arriver au mois de mars 2018. Simplement, et même si certains projets étaient sur la bonne voie, aucun n’a réussi le challenge. Dommage, il y avait pourtant 30 millions de dollars à la clé.

Google s’est aujourd’hui retiré du projet, mettant fin à son parrainage d’une décennie. Mais jeudi 5 avril dernier, la fondation à but non lucratif X Prize a annoncé qu’elle relançait la compétition, sans récompense – pour l’instant -, avec des paramètres de concours à définir au cours des prochains mois. « Nous sommes extrêmement reconnaissants envers Google d’avoir financé le Google Lunar X Prize entre septembre 2007 et le 31 mars 2018. Mais alors que la compétition est terminée, cinq équipes avec des contrats de lancement espèrent encore atterrir sur la surface lunaire au cours des deux prochaines années », explique Peter Diamandis, fondateur et président du X Prize, dans un communiqué.

« En raison de ces énormes progrès et de son potentiel à court terme, le X Prize est maintenant à la recherche de notre prochain sponsor visionnaire qui voudra mettre son logo sur la surface lunaire », a-t-il ajouté. « Nous applaudissons la décision de X Prize de continuer, avec ou sans sponsor titre », a de son côté déclaré dans un communiqué Bob Richards, fondateur et PDG de Moon Express, qui faisait partie des 5 finalistes. « Nous prévoyons de remporter cette course lunaire ».

L’objectif de Moon Express est de prospecter les richesses lunaires pour finalement les exploiter, « à commencer par l’eau », précise l’entrepreneur. Si ses prévisions sont exactes, « la Lune deviendra ainsi une sorte de station-service » pour les vaisseaux spatiaux dans le futur. L’idée serait de puiser la précieuse ressource directement sur place plutôt que de la transporter depuis la Terre. Le sol lunaire est aussi riche en platine et hélium-3 – rares sur notre planète – qui pourraient être utilisés pour la fusion nucléaire.

Sur le plan physique, le petit vaisseau lunaire de Moon Express, baptisé MX1-E, mesure 91 cm de largeur pour 1,37 m de hauteur. De la forme d’une canette de soda, il se compose d’un seul étage et d’un moteur capable de l’emmener de l’orbite terrestre à la Lune. Il faudra cinq à six jours entre le lancement et l’alunissage. Trois vols d’essai sont encore prévus avant le lancement de MX1-E sur les quatre prévus, et trois missions vers la Lune sont d’ores et déjà planifiées d’ici 2020. Outre ce premier vol, une deuxième mission est programmée vers le pôle Sud lunaire, riche en glace, pour y établir une station de recherche robotisée. La troisième mission a pour objectif de ramener sur Terre des échantillons du sol lunaire.

Source