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Voici les trois choses à savoir au sujet de l’étoile la plus éloignée jamais vue

Crédits : Digitized Sky Survey

Il y a quelques jours des astronomes annonçaient avoir, grâce à Hubble, pris en photo l’étoile la plus éloignée jamais vue dans l’Univers. Un merveilleux coup de chance.

Plus simplement connue sous le nom de « Icarus », l’étoile MACS J1149 + 2223 Lensed Star 1 était à environ 9 milliards d’années-lumière quand elle émettait la lumière qui atteint maintenant la Terre. La plupart des autres objets repérés à cette distance sont des galaxies ou des étoiles explosives (supernovas), qui produisent beaucoup plus de lumière que cette lointaine lueur. Sujette à l’expansion constante de l’Univers, l’étoile est aujourd’hui maintenant beaucoup plus éloignée de notre planète : elle a probablement déjà explosé aujourd’hui, formant un trou noir ou une étoile à neutrons. Mais concrètement, que pouvons-nous dire de cette étoile ?

D’une part, avoir pu repérer Icarus est un merveilleux coup de chance. L’étoile est en effet si éloignée que nous ne devrions normalement pas être en mesure de pouvoir la voir : elle est environ 100 fois plus éloignée que ce que les télescopes les plus puissants ont pu voir auparavant. Heureusement, les astronomes ont reçu un petit coup de pouce de l’Univers : un phénomène astronomique appelé lentille gravitationnelle. En bref, la gravité des grands objets célestes – dans ce cas, un groupe de galaxies -est capable de plier la lumière, créant un effet de loupe pour tout ce qui se cache derrière. Dans ce cas précis, Icarus a été magnifiée plus de 2 000 fois. Elle a également reçu un coup de pouce spécial d’une étoile extra-grossissante dans le groupe de galaxies, la faisant apparaître quatre fois plus lumineuse au cours du temps où les astronomes l’ont étudié. Merci l’Univers, donc.

Icarus, l’étoile la plus lointaine jamais imagée, n’était pas visible les années précédentes (2011). Ce n’est que grâce aux lentilles gravitationnelles qu’elle fut visible il y a quelques mois (2016). Crédit d’image : NASA, ESA, P KELLY/Université du Minnesota

Deuxièmement, l’étoile est une supergéante bleue, l’une des étoiles les plus chaudes et les plus massives de l’Univers. Si elle était encore là, elle serait une curiosité dans l’Univers, à l’image de la supergéante bleue Rigel A, le « pied » gauche brillant de la constellation d’Orion, est 23 fois plus massive que le Soleil, et plusieurs centaines de milliers de fois plus brillante. Les étoiles comme Icarus et Rigel sont rares dans l’Univers aujourd’hui, mais elles étaient communes à ses débuts. Si elle n’avait pas été ainsi, nous n’aurions pas pu la voir.

Icarus nous permet également un voyage dans le temps. L’Univers est bien plus grand que ce que nous pouvons probablement comprendre. Il faut en effet beaucoup de temps pour que la lumière, aussi rapide soit-elle (300 000 km/seconde) atteigne la Terre. Celle du Soleil met 8 minutes à nous parvenir. Ici, il a fallu 9 milliards d’années. Les photons qui ont frappé le miroir d’Hubble nous viennent d’une époque où la Terre ne s’était même pas encore formée – il fallait encore attendre 4,4 milliards d’années avant que notre système solaire ne commence à se fondre dans la poussière de l’Univers. De telles vues lointaines du cosmos aident les astronomes à apprendre à quoi ressemblait l’Univers avant notre temps, nous donnant même un aperçu des moments qui ont suivi le Big Bang.

Dans les années à venir, les scientifiques espèrent aller encore plus loin dans l’histoire de notre Univers avec des télescopes plus puissants, tels que le télescope spatial James Webb et le télescope à grand champ infrarouge WFIRST.

 

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