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Une synchronisation cérébrale a été observée chez des macaques

Crédits : Shawn Rocco / Duke Health

Des biologistes américains ont découvert une synchronisation de l’activité cérébrale de deux macaques vivant le même événement. Il pourrait d’ailleurs s’agir d’un nouveau champ de recherches en neurosciences.

Il y a quelques semaines, une étude internationale publiée dans PNAS évoquait le pouvoir du fait de tenir la main de quelqu’un que l’on aime. Ce geste provoquerait une synchronisation des cerveaux ainsi qu’un apaisement de la douleur par une diminution du stress et de l’anxiété.

En ce qui concerne les macaques, une étude publiée le 29 mars 2018 dans Scientific Reports évoque la notion de « concordance cérébrale ». Menée par des biologistes de l’Université Duke (États-Unis), cette étude a été réalisée avec des Macaca mulatta (macaques rhésus).

Les chercheurs sont parvenus à enregistrer simultanément l’activité du cortex moteur de deux singes mis en scène dans une expérience étonnante. Le premier macaque était placé sur une chaise statique en tant qu’observateur, et le second sur une chaise roulante motorisée dont la trajectoire avait été préalablement planifiée. Ainsi, le second macaque traversait la pièce sous le regard du premier et les deux ont finalement été récompensés, l’un par une grappe de raisin, l’autre par un jus de fruits.

Les biologistes ont alors observé une concordance cérébrale, ou plutôt une synchronisation corticale inter-cérébrale (ou ICS). Il s’agit d’une synchronisation épisodique caractérisée par certains groupes de neurones qui s’activent en même temps, un phénomène qui se produit lorsque deux individus vivent ensemble le même moment.

Les chercheurs estiment que dans le cadre de l’expérience, plusieurs facteurs expliquent ce lien cérébral. Citons par exemple la vitesse du fauteuil mobile ou encore la distance séparant les deux macaques. Il faut savoir que si le macaque placé sur le fauteuil appartient à un rang plus élevé, le lien cérébral est très élevé tandis que si le passager appartient à un rang inférieur, ce lien en rapport à la distance ne se produit pas.

« Nous pensons que notre étude a le potentiel d’ouvrir un nouveau champ de recherche dans les neurosciences modernes en démontrant que même les fonctions les plus simples du cortex moteur – comme la création de mouvement – sont grandement influencées par le type de relation qu’entretiennent les animaux participants »,
explique Miguel Nicolelis, co-auteur de l’étude dans EurekAlert.

Par ailleurs, les chercheurs ne s’arrêtent pas là et évoquent la possibilité que ces recherches ouvrent la voie vers la création d’un outil destiné à détecter les « activités inter-cérébrales anormales durant des interactions sociales humaines », l’exemple donné étant l’autisme, pour lequel des tests concernant l’efficacité d’éventuels traitements pourront également être menés.

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