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Une étude identifie un nouveau processus qui accélère la fonte des glaces en Antarctique

Crédits : Pxhere

Une étude récemment publiée dans la revue Science Advances met à jour un processus jusqu’alors non identifié, par lequel la fonte des glaces en Antarctique s’auto-alimente et accentue les changements climatiques déjà en cours.

Les plateformes de glace de l’Antarctique sont des énormes masses de glace flottante dont la partie émergée fait jusqu’à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Elles sont rattachées et alimentées par la calotte continentale, beaucoup plus vaste et massive. Avec la hausse des températures de l’océan, ces plateformes glaciaires sont déstabilisées, tout particulièrement à cause de la fonte basale – c’est-à-dire par leur « pied » situé à une certaine distance sous la surface de la mer. Ceci est lié à la structure thermique de l’océan à ces latitudes, où l’eau plus chaude se trouve légèrement en profondeur ce qui fait donc fondre les plateformes par-dessous.

Le processus principal qui a été mis en avant dans l’étude est le suivant. Lorsque ces masses de glace fondent, elles libèrent de l’eau froide mais très peu salée qui a tendance à rester en surface de par sa plus faible densité. Le mélange entre les eaux superficielles et les eaux plus profondes tend ainsi à être affaibli en hiver. Par conséquent, la couche d’eau plus chaude sous la surface évacue moins vite sa chaleur vers l’atmosphère très froide en cette saison, ce qui conduit à une fusion basale plus efficace. La fonte des plateformes apporte ainsi des conditions favorables à son maintien et même à son amplification.

Une conséquence supplémentaire de cet effet est le ralentissement de la plongée des eaux autour de l’Antarctique. Pour que l’eau se mette à sombrer elle doit être assez dense, ce qui est rendu plus difficile par le mécanisme cité précédemment. Or, cette circulation capture et stocke énormément de chaleur et de dioxyde de carbone. Son ralentissement amènerait ceux-ci à s’accumuler plus rapidement dans l’atmosphère…

Ces deux boucles de rétroaction sont très probablement déjà à l’œuvre, et pourraient brutalement s’amplifier dans un futur plus ou moins lointain. Cela pourrait conduire à une accélération brutale de la fonte au pôle sud et à une hausse du niveau des mers – via l’augmentation du taux d’écoulement de la glace continentale vers l’océan. Dans le même temps, la circulation océanique australe ralentirait rapidement, séquestrant moins de dioxyde de carbone et de chaleur qui finiraient par se retrouver dans l’atmosphère à la place, en pérennisant le processus de réchauffement.

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