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Les séchoirs à mains soufflent des colonies entières de bactéries

Crédits : Flickr / Robert Scoble

Si vous vous lavez les mains après avoir été dans des toilettes publiques, et que vous utilisez ensuite un séchoir, vous pourriez bien quitter cet endroit avec des mains qui ne sont pas aussi propres que vous le pensez.

Les séchoirs à mains installés les toilettes ne font pas que souffler de l’air – ils en aspirent aussi. Ce faisant, ils siphonnent aussi les bactéries et autres microbes transportés par les passants, ou laissés dans les toilettes par celles et ceux qui n’auraient pas rabaissé le couvercle. Puis après avoir aspiré ces microbes, les séchoirs les rejettent à nouveau – et en abondance – selon une étude récente.

Pour les besoins de cette expérience, les chercheurs de la faculté de médecine de l’Université du Connecticut (États-Unis) ont mis à l’épreuve leurs propres toilettes publiques. Ils ont découvert que les séchoirs à main créaient de véritables autoroutes bactériennes, invisibles dans l’air de la salle de bain. Et ces bactéries redistribuées n’atterrissaient pas seulement sur les occupants des toilettes : grâce aux souffleurs à haute énergie, elles étaient également dispersées dans tout le bâtiment.

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont exposé 36 plaques enduites de glucose dans les toilettes de leur bâtiment – d’abord avec les séchoirs à mains allumés, puis éteints – et ont vérifié la croissance bactérienne des plaques. Pour les tests effectués lorsque les sèche-mains n’étaient pas allumés, les chercheurs n’ont pas trouvé beaucoup de bactéries – en moyenne de six colonies par plaque. Mais lorsque les ventilateurs étaient opérationnels, les bactéries étaient présentes en abondance, avec en moyenne 60 colonies en croissance sur chaque plaque ! Les chercheurs ont vérifié à l’intérieur des séchoirs pour voir si l’accumulation microbienne interne pourrait jouer un rôle. Bien qu’ils aient décelé la présence de bactéries quand ils ont nettoyé les séchoirs, celles-ci n’étaient pas assez nombreuses pour rendre compte de la quantité distribuée par le flux d’air des séchoirs.

Si les bactéries capturées sur les plaques ne provenaient pas directement des sèche-mains, elles devaient donc provenir de l’air de la salle de bain, probablement expulsées dans l’air par les chasses d’eau des toilettes. Plusieurs échantillons de différentes salles de bains comprenaient notamment le microbe Bacillus subtilis, un occupant de l’intestin humain. Mais B. subtilis n’était pas seul : les plaques exposées aux séchoirs à main hébergeaient au total 62 types de bactéries diverses représentant 21 espèces, dont Staphylococcus aureus, une bactérie commune qui reste toutefois associée à des infections graves.

L’une des mesures qui pourraient aider à réduire la circulation bactérienne dans les salles de bains serait d’installer des séchoirs à main avec des filtres à air HEPA (acronyme de l’anglais High Efficiency Particulate Air signifiant, ou « filtre à particules aériennes à haute efficacité »), notent les chercheurs. En installant ces filtres dans les sèche-mains, le nombre de bactéries dispersées s’est vu considérablement réduit. Certaines bactéries étaient en revanche encore distribuées – y compris les agents pathogènes potentiels.

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