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Les perturbateurs endocriniens mettent le fœtus en danger

Crédits : Wikimedia Commons

Présentes partout et connues sous le qualificatif de « perturbateurs endocriniens », ces substances chimiques pourraient atteindre le cerveau des fœtus et modifier l’activité hormonale. Ainsi, les capacités cérébrales du futur enfant pourraient être négativement impactées.

Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), «les perturbateurs endocriniens sont des substances ou des mélanges chimiques capables de modifier le fonctionnement du système hormonal. Ils sont susceptibles de provoquer des effets nocifs tant chez les individus exposés que sur leur descendance».

Le fait est que si l’incertitude demeure concernant l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine, des précautions s’imposent. Cependant, il est compliqué d’éviter ces substances chimiques tant celles-ci sont omniprésentes dans notre quotidien : alimentation, emballages, textiles, cosmétiques, etc. Citons également quelques noms de ces substances : PCB, bisphénol, phtalates, parabène ou encore pesticides.

Il s’agit de molécules de synthèse si proches de nos hormones que ces dernières interagissent avec notre système endocrinien. Cela causerait notamment un avancement de l’âge de la puberté chez l’enfant, l’augmentation des risques de cancer hormono-dépendant ainsi qu’un impact sur le développement de l’appareil reproducteur.

Les perturbateurs endocriniens affecteraient aussi notre cerveau, comme l’indique Barbara Demeneix, du laboratoire Evolution des régulations endocriniennes (CNRS). La chercheuse a assuré une conférence au CHU de Rennes le jeudi 5 avril 2018 et avait également été interrogée dans un documentaire diffusé par ARTE en fin d’année 2017, traitant du lien entre autisme et perturbateurs endocriniens.

«L’intelligence et la santé mentale des enfants à naître sont menacées par une exposition continue à des mélanges perturbant les hormones thyroïdiennes dans le corps de la mère», explique la spécialiste.

Barbara Demeneix indique que les hormones synthétisées par la thyroïde ont un rôle important dans le développement du cerveau du fœtus – et plus tard de l’enfant. Le fait est que la barrière placentaire serait traversée par ces perturbateurs endocriniens, qui s’attaqueraient ensuite au cerveau du fœtus.

Ainsi, la chercheuse tend à expliquer en partie la baisse du QI à l’échelle mondiale par cette perturbation du développement cérébral. Ses recherches sont peut-être à mettre en lien avec une autre étude menée en 2014 par l’Université de Columbia (États-Unis). Cette dernière avait relié une forte exposition prénatale aux phtalates avec une diminution d’au moins 6 points de QI chez des enfants de 7 ans ! Désormais, la mission des autorités sanitaires serait logiquement d’identifier tous les produits mis en cause, et de légiférer sur leur interdiction.

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