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Les orangs-outans utilisent des extraits de plantes pour traiter la douleur

Crédits : Flickr / Bernard DUPONT

La médecine n’est pas seulement l’affaire de l’Homme. De nombreux autres animaux, des insectes aux oiseaux en passant par les primates non humains, se soignent avec des plantes et des minéraux pour traiter des infections. C’est notamment le cas des orangs-outans, selon l’écologiste comportementale, Helen Morrogh-Bernard, de la Fondation pour la Nature de Bornéo.

Pendant plus de 20 000 heures, Helen Morrogh-Bernard et son équipe rapportent en effet avoir observé 10 orangs-outans mâcher une plante particulière – qui ne fait pas partie de leur alimentation – avant de se frotter la fourrure avec au niveau des bras et des jambes. Les primates passaient jusqu’à 45 minutes pour chaque « traitement ». Pour les chercheurs, ce comportement est le premier exemple connu d’un animal non humain utilisant un analgésique topique. Chaque individu utilisait ici la même plante – Dracaena cantleyi – pour traiter les maux et les douleurs.

Pour tenter d’en savoir plus, les chercheurs se sont donc penchés sur cette plante en étudiant sa chimie. Ils en ont ajouté des extraits à des cellules humaines cultivées, artificiellement stimulées pour produire des cytokines, une réponse du système immunitaire qui provoque une inflammation. L’extrait de plante a effectivement réduit la production de plusieurs types de cytokines, rapportent les chercheurs dans Scientific Reports. « Ces résultats suggèrent que les orangs-outans utilisent bel est bien cette plante pour réduire l’inflammation et traiter la douleur », explique Jacobus de Roode, biologiste à l’Université Emory (États-Unis), qui n’a pas participé à l’étude. « De tels résultats pourraient aider à identifier les plantes et les produits chimiques qui pourraient être utiles pour mettre au point de nouveaux médicaments ».

Chez les animaux comme chez les insectes, la capacité d’automédication est certainement innée. Les chenilles laineuses infectées par des mouches parasites recherchent et mangent des substances végétales toxiques pour ces dernières, par exemple. Mais les animaux plus complexes peuvent aussi apprendre en observant un membre de leur groupe. Un orang-outan a pu frotter la plante sur sa peau pour essayer de traiter les parasites, et s’est rendu compte qu’elle avait également un effet antidouleur agréable. Ce comportement peut ensuite avoir été transmis à d’autres orangs-outans. C’est d’ailleurs très probablement le cas, puisque ce type d’automédication n’est visible que dans le centre-sud de Bornéo.

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