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Face aux mauvaises nouvelles pour la planète, les climatologues ne sont-ils pas en détresse mentale ?

Crédits : debbienews / Pixabay

Le changement climatique est rarement associé à des émotions positives. Par le grand public, il est plutôt vu comme une menace mal définie qui plane au-dessus de nous dans l’ombre. Les climatologues étant constamment axés sur le suivi et l’évolution du climat, ces émotions négatives pourraient finir par se répercuter à long terme sur leur bien-être physique et mental.

Le métier de climatologue peut sembler plutôt reposant au premier abord, comparé à d’autres où le physique et le mental sont plus sollicités. Pourtant, il y a de plus en plus de preuves indiquant que les climatologues seraient soumis à un niveau de stress non négligeable, pouvant affecter leur santé mentale voire leur condition physique. En effet, dans le cadre du changement climatique et de ses conséquences sur nos sociétés, ceux-ci sont constamment confrontés à l’évolution et au bouleversement des conditions environnementales à l’échelle du globe. Fonte de la banquise arctique, réduction des calottes polaires et des glaciers, hausse des températures et du nombre de vagues de chaleur, acidification des océans, impact sur la biodiversité, projections futures… La liste est longue.

De plus, il est rare que les études annoncent de bonnes nouvelles. En général, les recherches qui sont menées pointent plutôt du doigt la sous-estimation des risques et/ou de la rapidité des changements en cours. Ce cadre de travail et le suivi des différentes composantes du système climatique sont ainsi souvent associés à des émotions négatives. Sur le long terme, cette exposition chronique peut conduire à des troubles anxieux, à la remise en cause du bien être psychique ou même à la dépression. Un autre point à souligner est le fait que les climatologues, au travers des résultats dérangeants qu’ils sont susceptibles de produire, peuvent également être soumis à de virulentes critiques, voire attaqués personnellement. Un exemple bien connu est celui du climatologue Michael E. Mann. Par conséquent, pour éviter de s’attirer les foudres de la population, les scientifiques du domaine ont tendance à pécher par excès de prudence.

Cela dit, il y a quand même des points positifs à noter. En particulier, le support de la profession et la connaissance du sujet peuvent servir de fondation à une identité et à un soutien social renforcés. En d’autres termes, au travers de liens sociaux plus fermes, l’aspect négatif pourrait être utilisé comme une source de motivation. En tout cas, c’est un thème qui nécessite d’être approfondi. Les données permettant de quantifier ces différents points sont encore très partielles, et il est évident que les climatologues ne sont pas les seuls à être confrontés aux dégradations de l’environnement. Les futurs travaux pourraient permettre d’aider les plus sensibles à faire face aux émotions négatives associées aux sciences climatiques.

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