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Pourquoi les termites sacrifient leurs aînés dans les guerres contre les fourmis

Crédits : Wikimedia Commons / CSIRO

Si nous savons que certaines fourmis n’hésitent pas à rapatrier leurs soldats pour les soigner lors d’assauts menés contre les termites, il s’avère que celles-ci ont également une stratégie de mise en place. Quand les termites s’en vont en guerre, les plus vieux soldats se battent en première ligne.

Qui devrait assumer des tâches risquées dans une société hétérogène ? Lorsque les fourmis envahissent leurs nids et mangent leurs congénères, les termites adoptent une stratégie militaire très différente de celle des humains, écrivent des chercheurs dans une étude publiée dans les Royal Society Journal Biology Letters. Lors d’expériences menées en laboratoire, « les plus vieux soldats se mettent en première ligne de front et bloquent l’ouverture du nid contre les fourmis prédatrices », peut-on lire. « Ces résultats démontrent chez les termites, les soldats ont une répartition des tâches basée sur l’âge, par laquelle le vieillissement prédispose les soldats à s’atteler aux tâches plus dangereuses ».

Les femelles les plus « anciennes » étaient par ailleurs encore plus susceptibles de s’exposer que les mâles, rapporte l’étude. « Nous avons aussi constaté que les jeunes soldats étaient plus enclins à choisir la défense centrale des nids, comme des gardes royaux » – un déploiement, beaucoup moins risqué que la défense de l’entrée du nid. Si le fait d’exposer les plus anciens peut paraître cruel, il s’agit en fait – d’un point de vue évolutif – d’une stratégie gagnante. L’espérance de vie des plus jeunes soldats est maintenue en les gardant en sécurité, « leur permettant ainsi de promouvoir leur contribution au succès de la reproduction de la colonie », expliquent les chercheurs.

La répartition du travail entre les membres de la colonie fondée sur l’âge, c’est-à-dire le polyéthisme d’âge, a évolué chez les principaux groupes d’insectes. Concernant les termites, les tâches plus risquées sont donc entreprises par des individus stériles ayant une espérance de vie plus courte. La perte d’individus ayant une espérance de vie plus courte est moins coûteuse pour la réussite de la reproduction des colonies, que la perte d’individus ayant une espérance de vie plus longue.

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