in

Mais qu’est-ce qu’une aurore boréale pulsante ?

Crédits : Pixabay / 12019

Pour ceux qui ont déjà eu la chance de pouvoir en observer, les aurores boréales constituent un spectacle naturel unique. Si les scientifiques savaient déjà que leur apparition était liée au Soleil, les aurores boréales dites pulsantes restaient un mystère – du moins jusqu’à maintenant. 

Contrairement aux autres, l’aurore boréale pulsante clignote environ toutes les dix secondes. Sur une durée qui peut parfois atteindre une heure, des faisceaux verts illuminent par intermittence le ciel nocturne. C’est dans le ciel du Canada – plus précisément dans la province du Manitoba – que des chercheurs japonais ont réussi à capturer ce phénomène via un satellite. En collaboration avec l’Agence spatiale canadienne, ils ont analysé les données suivantes : les ondes de plasma situées dans la magnétosphère (la région qui entoure l’atmosphère) ainsi que le niveau d’électrons. Ensemble, les spécialistes ont pu expliquer l’origine des aurores boréales pulsantes dans un article relayé par la revue Nature.

Les aurores boréales canadiennes, un spectacle qui ne commence qu’à la tombée de la nuit, ici près de la ville de Yellowknife située dans les Territoires du Nord-Ouest.
Crédits : Flickr /Joon Im

Dans le cadre d’aurores polaires « traditionnelles », la magnétosphère – plus précisément son côté nuit – est amenée à emmagasiner puis relâcher des particules de radiations solaires (dont les électrons analysés pour cette étude). C’est dans cette seconde phase qu’apparaissent les arcs lumineux, le plus souvent de couleur verte. Pour les aurores boréales pulsantes, l’équipe de recherche à conclu que le plasma qui est parfois contenu dans la magnétosphère vient déranger les électrons. Bousculés, ces derniers sont alors poussés vers l’atmosphère terrestre par intervalles réguliers, où ils rencontrent les particules qui y sont contenues. Cette collision est alors matérialisée par les aurores boréales pulsantes.

Si vous aimez voyager – et ne craignez pas le froid -, il existe de nombreux séjours spécialement dédiés à l’observation de ces illuminations naturelles. En effet, les pays nordiques et plus particulièrement le Canada restent des destinations de choix pour ces voyages qui mêlent science et nature. Toutefois, n’espérez pas avoir la chance d’observer des aurores boréales pulsantes du premier coup d’œil. En effet, bien que les aurores polaires « traditionnelles » restent prévisibles, celles observées dans le cadre de l’étude précédemment citée se font plus rares. C’est en tout cas ce qu’affirme Allison Jaynes, physicienne à l’Université de l’Iowa (États-Unis), avant d’ajouter qu’elles « ne sont pas nécessairement un bon spectacle pour l’œil humain ».

Des aurores boréales sur le pôle Sud de notre planète, dans un cliché capturé par le satellite IMAGE en 2004.
Crédits : NASA

Pour justifier cette information, la scientifique précise que les aurores boréales pulsantes sont plus difficiles à voir notamment en raison de leur intermittence, mais surtout à cause d’une luminosité plus faible. En revanche, elles peuvent durer toute la nuit, contrairement aux aurores boréales qui sont plus souvent répertoriées entre le crépuscule et minuit. Cette étude permet tout de même de faire la lumière sur une question qui a longtemps confondu la communauté scientifique, concernant l’origine de ce phénomène. En 2007, une mission spatiale nommée THEMIS a même été mise en place dans le but de mieux comprendre les mécanismes sur lesquels reposent les aurores boréales. Financé par la NASA, ce projet a permis de lancer cinq satellites dans la magnétosphère.

Plus largement, ce dispositif aide les scientifiques à mieux comprendre et appréhender la météo spatiale, ou encore à déterminer l’influence du plasma sur les électrons, comme c’est le cas pour les aurores boréales pulsantes.

Sources : Radio Canada – Nature – NASA