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Pourquoi sommes-nous encore si ignorants de l’Univers ? Les trois réponses de Neil deGrasse Tyson

Crédits : Flickr / Tiffany Vaughn

À bien des égards, il semble que nous vivons déjà dans le futur : intelligence artificielle, exploration spatiale, exoplanètes… Du moins, celui imaginé dans notre enfance. Mais si vous demandez à Neil deGrasse Tyson son avis, il vous dira que nous ne sommes encore que des bébés qui tentent d’attraper les rayons du soleil en levant la main. Pourquoi ?

Au Sommet mondial des gouvernements 2018 à Dubaï, Tyson faisait il y a quelques jours une présentation. Le sujet ? « Comment les humains (ne) vont (pas) coloniser Mars ». Ce projet n’est certainement pas pour tout de suite selon l’astrophysicien, qui est un éternel sceptique. Après son discours plutôt déprimant, il semble donc approprié de prendre le temps de discuter de la façon dont les humains sont totalement ignorants à bien des égards. Voici trois choses qui selon Tyson montrent à quel point nous sommes loin de tout comprendre.

D’une part, la matière noire

Une partie de notre Univers est en effet manquante. Et pas n’importe laquelle : la plus importante. Moins de 5 % de notre Univers est constitué de matière ordinaire selon les estimations des scientifiques. Il s’agit des protons, des neutrons, des électrons et de tout ce que vous pouvez voir et toucher. Le reste de notre Univers ? Eh bien nous n’avons aucune idée de ce que c’est. « La matière noire est le plus ancien problème non résolu de l’astrophysique moderne », explique l’astrophysicien. Il continue avec un soupir légèrement désabusé : « Cela fait 80 ans que nous le savons, et il est grand temps que nous trouvions une solution ». Toutefois, plus facile à dire qu’à faire. Le problème de la matière noire, c’est qu’elle n’interagit pas avec le rayonnement électromagnétique. Nous ne pouvons l’observer qu’en raison de son influence gravitationnelle, par exemple si une galaxie tourne plus lentement ou plus vite qu’elle ne le devrait.

Ensuite ? L’énergie noire 

Aussi appelée énergie sombre, elle est peut-être l’une des découvertes scientifiques les plus intéressantes jamais réalisées. Pourquoi ? Parce qu’elle peut détenir les clés du destin ultime de notre Univers. Tyson la décrit comme « une pression dans le vide de l’espace forçant l’accélération de [l’expansion] de l’Univers ». Bien sûr, cette expansion est minime. On ne la ressent pas. Mais à l’échelle cosmique, son impact est profond. Si elle s’inverse, l’Univers s’effondrera sur lui-même dans un Big Crunch. À ce rythme, le cosmos pourrait finir ses jours dans un vide froid et infini. Malheureusement, étant donné que nous n’avons aucune idée de ce qu’est l’énergie sombre, il nous est impossible de prévoir ce qui va arriver.

Et enfin, l’abiogenèse

En revanche, nous en savons beaucoup sur la façon dont la vie a évolué sur Terre : les premières formes de vie ont émergé il y a environ 3,5 milliards d’années. Ces créatures unicellulaires ont dominé notre planète pendant des milliards et des milliards d’années. Il y a un peu plus de 600 millions d’années, les premiers organismes multicellulaires se sont installés. L’explosion cambrienne a suivi peu après, et l’enregistrement fossile est né. Il y a 500 millions d’années, les plantes ont commencé à évoluer suivies par les animaux, et nous sommes ici aujourd’hui. Cependant, et malgré tout, Tyson tient à souligner que si nous connaissons actuellement beaucoup de choses sur la « Vie », nous ne comprenons pas la composante la plus vitale de son évolution : son apparition.

« Nous ne savons toujours pas comment nous allons des molécules organiques à la vie auto-réplicative », explique-t-il. Ce processus s’appelle l’abiogenèse. Dans le jargon non scientifique, elle traite de la façon dont la vie naît de la matière non vivante. Bien que nous ayons un certain nombre d’hypothèses liées à ce processus, nous ne disposons pas de preuves, et par conséquent n’avons pas de compréhension globale du processus.

Ainsi, les trois plus grands mystères du cosmos – dont nous ignorons tout – se révèlent sans aucun doute être les trois plus importants et fondamentaux. Alors, quand allons-nous enfin sortir de notre enfance et comprendre ces énigmes scientifiques ?

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