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Paris : la crue de 1910, c’était comment ?

Rétablissement de la circulation par passerelles au Quai de Passy Crédits : Wikimedia Commons

Alors que le niveau de la Seine fait des siennes dans Paris et d’autres villes comme Rouen, il est intéressant de faire un petit retour en 1910, année où la Seine avait atteint un niveau inédit depuis 300 ans !

Actuellement, la capitale patauge, mais pour l’instant, rien de très alarmant, bien que le tronçon central de la ligne C du RER dans Paris restera fermé jusqu’au samedi 10 février 2018, au moins. Ce genre de crue rappelle évidemment celle de 1910, bien que personne ne puisse aujourd’hui en témoigner.

Cette grande crue de 1910 est le plus important débordement qu’a connu la Seine après celui de 1658. Le plus haut niveau mesuré lors de cette crue est de 8,62 mètres sur l’échelle hydrométrique du pont d’Austerlitz à Paris, pour un débit maximal de 2400 mètres cubes par seconde.

À Paris, la montée des eaux s’est faite en une dizaine de jours et la décrue aura duré 35 jours ! Au plus fort de la crue, le zouave du pont de l’Alma, que les Parisiens utilisent pour se rendre compte de la hauteur des crues, a de l’eau jusqu’aux épaules.

Pas moins de 25% des immeubles sont inondés et plus de 150 000 Parisiens sont sinistrés, ce qui créera une vague de solidarité à laquelle participeront les victimes de la crue avec l’aide des pompiers, des policiers et de l’armée.

Crédits : Wikimedia Commons

Cette situation d’urgence a donné lieu a des situations parfois incroyables. Citons par exemple le fait que les usines d’épuration et d’incinération situées au bord de la Seine sont devenues inaccessibles. Ainsi, le préfet de Paris a ordonné une opération intitulée « Ordures au fil de l’eau » : durant deux semaines, des tonnes de déchets sont déversées à hauteur du pont de Tolbiac et du viaduc d’Auteuil afin de les évacuer dans le fleuve.

Enfin, il faut savoir que la crue de 1910 est souvent qualifiée de crue centennale, c’est-à-dire que les probabilités d’apparition sur une année sont de 1 sur 100 en termes de débit. Cela revient à dire que les probabilités de ne pas rencontrer de crue centennale durant un siècle sont de 99 sur 100. Néanmoins, cette notion statistique étant basée sur les crues constatées n’a aucune valeur prédictive immédiate et il en va de même pour les crues millénales (1 sur 1000).

Sources : RFIFrance Info