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Quel est l’apport génétique de Néandertal sur l’humain moderne ?

Crédits : Wikipedia

Il y a quelques temps, le génome humain a été complètement analysé, et nous aurions environ 3 % de nos gènes hérités de l’homme de Néandertal. Par ailleurs, certains de ces gènes sont en lien avec des maladies potentiellement mortelles. Comment cela est-ce possible ?

En 2010, une étude a été réalisée sur 60 % de l’ADN nucléaire de Néandertal. La comparaison des ADN a montré que les génomes des non-Africains sont beaucoup plus proches de Néandertal que ceux des Africains. Il montre également que 1 à 4 % du génome humain actuel pourrait provenir des Néandertaliens et n’est absolument pas présent chez les Africains. Richard E. Green, principal auteur de l’étude, avait déclaré que « selon toute probabilité, il y a eu un flux de gènes de Néandertal à l’homme moderne ».

En 2014, deux études américaines ont apporté de nouveaux éléments. Les séquences héritées de l’homme de Néandertal ce sont pas identiques chez tous les humains qu’ils soient européens, asiatiques ou africains, il y en a ainsi en nous une grande variété. En effet, chaque individu aurait entre 1 et 4 % du génome de Néandertal en lui, et le fait est qu’en regroupant les différentes séquences éparpillées dans le monde entier, les chercheurs sont parvenus à reconstituer environ 40 % de ce même génome !

Par ailleurs, cette contribution du génome chez les hommes d’aujourd’hui n’est pas vraiment bénéfique, en tout cas au niveau de certains gènes en particuliers. Les scientifiques estiment qu’il y aurait un lien avec différentes affections ou problèmes tels que le diabète de type 2, l’addiction au tabac, la cirrhose biliaire, la maladie de Crohn ou encore le lupus érythémateux. Il y aurait même un lien avec une maladie sexuellement transmissible : le virus du papillome humain (VPH).

Cependant, les chercheurs ont été encore plus surpris de découvrir ce qu’ils nomment les « déserts néandertaliens », des zones de notre organisme n’ayant aucunement reçu de contribution de notre ancêtre lointain. Citons dans ce cas le chromosome X ou encore les parties abritant des gènes actifs situées dans les testicules.

Ceci s’expliquerait par l’évacuation progressive et partielle des apports de Néandertal par la sélection naturelle. Ainsi, les chercheurs estiment que peut-être, les hybrides avaient des problèmes de stérilité, ce qui expliquerait que Sapiens et Néandertal étaient presque devenus incompatibles. Rappelons que ces deux derniers ont évolué chacun de leur côté, bien qu’issus d’un ancêtre commun ayant vécu il y a 500 000 ans.

Sources : HominidésScience & VieLe Monde