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Deux nouveaux virus géants découverts au Brésil

Le Tupanvirus soda lake Crédits : Nature Communications / ISSN 2041-1723

Quinze ans après la découverte du Mimivirus, un virus si gros qu’il est observable au microscope optique, une équipe de chercheurs annonce la découverte de deux nouveaux types de virus au Brésil. Ils présentent une telle taille et une telle complexité génétique que nous pourrions avoir besoin de repenser tout ce que nous savons.

Baptisées Tupanvirus Soda lake et Tupanvirus Deep ocean, les deux nouvelles souches ne sont pas une menace pour l’Homme. Elles présentent en revanche un arsenal génétique plus complet que chez tous les autres virus, remettant en question les frontières scientifiques qui définissent ce qu’est un virus. Ces deux souches évoluent dans des habitats aquatiques extrêmes : le premier dans un lac de soude et le second à 3000 mètres de profondeur dans des sédiments océaniques. Mais ils ne sont pas seulement parmi les plus gros virus jamais découverts, puisqu’ils contiennent en effet plus de protéines que tous les virus découverts à ce jour. Selon la pensée commune, les virus ne peuvent se reproduire ou synthétiser des protéines qu’en utilisant la machinerie génétique d’une cellule hôte, contrairement aux autres organismes vivants. Mais ici, ces distinctions ne tiennent plus. Les deux nouveaux Tupanvirus ont un matériel génétique plus conséquent que certaines bactéries, et presque tout l’équipement nécessaire à la synthèse des protéines.

« Ils ressemblent beaucoup à Mimivirus, mais ils ont la particularité de posséder une longue et large queue dont la fonction nous reste pour le moment inconnue », explique Bernard La Scola, virologue à l’Université d’Aix-Marseille. Outre leur taille énorme – ils mesurent entre 450 et 550 nanomètres – les analyses des génomes de ces virus montrent également qu’ils abritent un grand nombre de gènes impliqués dans l’assemblage des protéines. En font partie les gènes nécessaires pour incorporer les 20 acides aminés connus. « Ils possèdent un équipement de translation génétique unique dans le monde viral, bien plus imposant que certains eucaryotes. Ne leur manque pour être autonome que ce qui compose le ribosome [qui synthétise les protéines], aussi ils ont toujours besoin d’un hôte pour synthétiser leurs protéines », explique le chercheur.

En termes de synthèse protéique, cela leur donne le « plus gros appareil de translation dans la virosphère connue », poursuit le chercheur. L’identification de ces deux nouveaux virus géants est « un nouveau pas dans la compréhension de l’originalité de ces virus ». Et plus nous en apprenons sur les virus géants, plus nous saurons de quoi ils sont capables.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature Communications.

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