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Des chercheurs créent un exosquelette contrôlable par la pensée

Crédits : CNBI / EFPL

Des scientifiques suisses ont mis au point un exosquelette de main très léger ayant la particularité de pouvoir être contrôlé par la pensée. Son but ? Aider les personnes handicapées au niveau des mains à retrouver la possibilité de tenir des objets et de les sentir. 

Venir à terme en aide aux personnes atteintes de lésions neurologiques et qui seraient handicapées des mains est le but de cet exosquelette. Un prototype a été mis au point par une équipe de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), comme l’explique l’étude publiée le 9 novembre 2017.

Baptisé Mano, l’exosquelette recouvre le dos des doigts, de la main et du bras par le biais de câbles en métal qui ont pour rôle d’assister les mouvements à la manière des tendons. L’objet est simple à porter et léger – seulement 50 grammes – mais le boîtier qui se porte sur la poitrine pèse pratiquement un kilogramme, celui-ci contenant les moteurs permettant de faire bouger les câbles.

Sans que l’utilisateur ait besoin de forcer, l’exosquelette peut soulever et saisir un objet de moins de 500 grammes, ce qui est un bon début. Les deux malades (présentant des lésions de la moelle épinière) ayant testé le dispositif ont réalisé diverses actions comme celle de soulever une bouteille pleine alors que depuis des années, ceux-ci n’avaient jamais pu y arriver par eux-mêmes.

L’exosquelette Mano peut s’adapter à plusieurs handicaps. En effet, le moyen de contrôle s’adapte à la maladie, ainsi le dispositif est capable de répondre aux mouvements des yeux du malade, à une commande vocale par le biais d’un smartphone ou encore à l’électromyographie, le but étant ici de soutenir et d’assister les mouvements résiduels mais évidement insuffisants du patient. Surtout, l’exosquelette peut être contrôlé à travers une interface cerveau-machine avec l’utilisation d’un casque électroencéphalographe (EEG).

Enfin, les chercheurs ont découvert qu’en contrôlant l’exosquelette par la pensée, l’utilisateur stimulait comme prévu l’activité du cortex moteur contro-latéral mais également celle du cortex ispsi-latéral. En effet, les tests pratiqués ont montré que les deux hémisphères du cerveau des volontaires s’activaient, ce qui a été source d’étonnement. Selon les chercheurs, ceci a été possible grâce à la richesse du retour de sensation, et il s’agit désormais d’une possibilité à exploiter.

Sources : Journal International de MédecineSciences & Vie