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Un astronome amateur capture la toute première photo d’une étoile qui explose

Crédits : Wikimedia Commons / ESO

Grâce à des instantanés pris par un astronome amateur en Argentine, des chercheurs ont pu observer pour la première fois l’explosion d’une étoile massive. Les résultats des observations de suivi seront publiés aujourd’hui 22 février dans la revue Nature.

C’est un peu comme gagner à la loterie cosmique. En effectuant des tests avec sa nouvelle caméra, Víctor Buso, un astronome amateur originaire d’Argentine, a accidentellement capturé il y a quelques jours – et pour la toute première fois – l’explosion initiale d’une étoile massive. À ce jour, personne n’a été en mesure de se trouver « au bon endroit, au bon moment » pour immortaliser la première lumière optique d’une supernova. Ces événements sont en effet très aléatoires et particulièrement fugaces. Les nouvelles données ainsi récoltées fournissent des indices importants sur la structure physique de l’étoile juste avant sa disparition, mais également sur la nature même de l’explosion.

L’événement est ici observé à la périphérie de la galaxie spirale NGC 613, que vous retrouverez  à environ 80 millions d’années-lumière de la Terre. Si l’explosion fut observée « en direct » par l’astronome, elle est donc en fait survenue il y a environ 80 millions d’années, à l’époque où les dinosaures parcouraient encore la Terre. Ce laps de temps correspond au temps que la lumière de l’explosion a mis pour nous parvenir. Les étiquettes ci-dessous indiquent l’heure à laquelle chaque image a été prise.

Crédits : Víctor Buso

« Les astronomes professionnels recherchent depuis longtemps un tel événement », explique l’astronome de l’UC Berkeley Alex Filippenko. « Les observations d’étoiles dans les premiers moments où elles commencent à exploser fournissent des informations qui ne peuvent pas être obtenues directement d’une autre manière. Les données de Buso sont exceptionnelles », a-t-il ajouté. « C’est un exemple exceptionnel de partenariat entre astronomes amateurs et professionnels ».

L’astronome Melina Bersten et ses collègues de l’Instituto de Astrofísica de La Plata en Argentine ont rapidement pris connaissance de la découverte, réalisant que l’astronome avait saisi un événement rare. Elle estime par ailleurs les chances d’une telle découverte à « une sur 10 millions, ou peut-être même à une sur 100 millions ».

Melina Bersten a ensuite contacté un groupe international d’astronomes pour effectuer des observations de suivi. Ces analyses ont notamment révélé que l’explosion était une supernova de type IIb : l’explosion d’une étoile massive qui avait précédemment perdu la majeure partie de son enveloppe d’hydrogène.

En combinant les données avec des modèles théoriques, l’équipe a par ailleurs estimé que la masse initiale de l’étoile était environ 20 fois la masse de notre Soleil.

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