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Les premières preuves directes du déclin du trou de la couche d’ozone ont été identifiées

Crédits : Pixabay / WikiImages

Des chercheurs se sont pour la première fois appuyés sur des observations satellites directes pour finalement prouver que les niveaux de chlore destructeurs d’ozone diminuent dans l’atmosphère. Les résultats de cette étude ont été publiés dans les Geophysical Research Letters.

Deux ans après la découverte du trou d’ozone au-dessus le la région antarctique en 1985, des nations du monde entier ont signé le Protocole de Montréal qui réglemente aujourd’hui les composés appauvrissant la couche d’ozone. Les amendements ultérieurs au Protocole de Montréal ont ensuite complètement éliminé la production de CFC – les chlorofluorocarbones. Cette interdiction aura fait son œuvre. De nouvelles mesures montrent en effet que la baisse du chlore, résultant de l’interdiction internationale des CFC aura entraîné une diminution du trou de la couche d’ozone de 20 % durant l’hiver en antarctique, comparé à 2005.

Les CFC sont des composés chimiques à longue durée de vie qui finissent par remonter dans la stratosphère, où ils sont brisés par le rayonnement ultraviolet du Soleil, libérant ainsi des atomes de chlore qui détruisent les molécules d’ozone. L’ozone stratosphérique protège la vie sur la planète en absorbant les rayonnements ultraviolets potentiellement dangereux qui peuvent causer le cancer de la peau et la cataracte, ou encore endommager les systèmes immunitaires, sans parler de la vie végétale.

Des études antérieures s’appuyaient sur des analyses statistiques pour évaluer les changements dans la taille du trou d’ozone. Cette étude est ici la première à utiliser des mesures de la composition chimique directement à l’intérieur du trou d’ozone pour confirmer que non seulement l’appauvrissement de l’ozone tend à diminuer, et que cette diminution est principalement due au déclin des CFC. Les chercheurs se sont pour cette étude appuyés sur les données du Microwave Limb Sounder (MLS) à bord du satellite Aura, qui effectue des mesures de manière continue dans le monde entier depuis la mi-2004. Tandis que de nombreux instruments satellitaires ont besoin de la lumière du soleil pour mesurer les taux de gaz dans l’atmosphère, le MLS mesure les émissions de micro-ondes et peut ainsi mesurer les traces de gaz sur l’Antarctique durant toute l’année.

Dans les prochaines années, le trou d’ozone de l’Antarctique devrait continuer à se rétablir progressivement à mesure que les CFC quitteront l’atmosphère, mais le rétablissement complet prendra des décennies. Rappelons que les CFC ont une durée de vie de 50 à 100 ans. Le trou d’ozone aura donc complètement disparu d’ici 2060 ou 2080.

 

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