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Dans les 25 prochaines années, les inondations menaceront des dizaines de millions de personnes

Crédits : Pixabay / distel2610

Une étude alarmante nous révèle que les changements climatiques exposeront des dizaines de millions de personnes à travers le monde à des risques d’inondation des rivières, à moins que des mesures concrètes ne soient adoptées.

Si l’élévation du niveau de la mer risque dans un avenir proche d’inonder les régions côtières, les inondations fluviales, qui se produisent lorsque les rivières débordent sur leurs berges, semblent avoir été largement sous-estimées. Une étude publiée hier dans Science Advances révèle qu’avec l’augmentation globale des températures, les tempêtes et les fortes pluies devraient s’aggraver dans de nombreuses parties du monde, augmentant le risque d’inondations de ce type.

Les États-Unis, l’Europe centrale et certaines régions d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud, ainsi que de vastes régions de l’Inde, du Pakistan, de l’Indonésie et de la Chine devront notamment doubler les protections existantes contre les inondations. Cela implique la construction de nouvelles digues et autres infrastructures, préviennent les chercheurs. Aux États-Unis et dans certaines parties du Canada, la population touchée pourrait passer de 100 000 à un million si aucune mesure concrète n’est adoptée. En Chine, les risques d’inondation pourraient affecter plus de 50 millions de personnes.

Notons également que cette nouvelle étude se base uniquement sur les niveaux de population actuels. Si les communautés dans les zones concernées continuent de croître au cours des prochaines décennies, un plus grand nombre de personnes pourraient être en danger. D’autre part, même si les nations du monde entier stoppaient net leurs émissions de carbone demain, le climat se réchaufferait en effet encore pendant des années du fait de l’inertie climatique. Les chercheurs se sont ici concentrés uniquement sur les deux prochaines décennies, principalement parce que « les 25 prochaines années de changement climatique sont déjà déterminées par les émissions de gaz à effet de serre déjà rejetées », note Anders Levermann, climatologue à l’Institut de Potsdam et co-auteur de l’étude.

Les chercheurs ont ici mené leur étude grâce à des modèles hydrologiques et climatiques permettant de simuler les changements climatiques futurs ainsi que leurs effets sur les précipitations et les systèmes hydrologiques mondiaux. Ce papier fait par ailleurs écho à un récent rapport, publié récemment par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), selon laquelle 2017 fut l’année la plus chère jamais enregistrée pour réparer les dommages causés par les catastrophes naturelles. La somme cumulée de tous les événements, y compris les tempêtes, les feux de forêt, les inondations et les sécheresses, s’élevait l’année dernière à plus de 300 milliards de dollars rien que pour les États-Unis.

Si nous souhaitons prévenir plus de dommages et être mieux préparés, cette recherche met en évidence le besoin d’efforts immédiats pour se préparer aux prochaines décennies. Les risques d’inondation ne pourront être évités que par des infrastructures adaptées et par une diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, les 25 prochaines années vont être déterminantes pour l’avenir de la planète et de l’humanité.

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