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De nouveaux capteurs à avaler analysent nos intestins comme jamais

Crédits : RMIT University

De nouveaux capteurs à avaler mettent aujourd’hui en lumière une partie de l’intestin jusqu’ici insoupçonnée. Outre une meilleure connaissance du système immunitaire, les premiers essais cliniques ont en effet révélé que cette technique détecterait mieux les troubles intestinaux.

De l’anxiété à l’autisme, des recherches récentes ont dévoilé l’influence profonde de nos intestins sur notre santé, et ont permis de déterminer que leur fonctionnement est en effet plus complexe que nous le pensions. En témoignent les données récoltées par un nouveau capteur à avaler, capable de sonder notre grotte intestinale comme jamais auparavant.

Des chercheurs de l’Université RMIT à Melbourne en Australie, ont en effet révélé les résultats des premiers essais cliniques d’une capsule de la taille d’une pilule conçue pour aider les médecins à détecter et diagnostiquer les troubles et maladies de l’intestin. Les données recueillies concernent notamment les gaz intestinaux, les niveaux d’hydrogène, de dioxyde de carbone ou encore le taux d’oxygène. Les mesures récoltées en temps réel sont envoyées directement sur smartphone par le capteur, lui-même capable de résister aux conditions sévères de l’acide gastrique et aux enzymes intestinales.

Au cours de cette étude, publiée le 8 janvier dans Nature Electronics, ces nouveaux capteurs ont été testés chez sept participants en bonne santé. Certains présentaient un régime riche en fibres, et d’autres pauvres en fibres. Les capteurs ont alors été capables de mesurer avec précision l’évolution des aliments ingérés, confirmant leur potentiel en tant qu’outils cliniques pour surveiller la santé et l’activité de l’intestin. C’est un premier point, et non des moindres.

Ces nouveaux capteurs à avaler se montrent en effet plus efficaces pour mesurer l’activité intestinale que les moyens disponibles auparavant. À ce stade en effet, les 20 % de personnes dans le monde qui souffrent ou ont souffert d’un trouble gastro-intestinal ont à un moment de leur vie dû subir une coloscopie, une chirurgie invasive ou fournir des échantillons de selles. Le problème avec ces méthodes, c’est que l’on ne mesure pas l’activité intestinale en temps réel, tandis qu’avec ces capteurs c’est désormais le cas. Le diagnostic est ainsi plus précis, et les traitements mieux adaptés.

Mais cet essai n’a pas seulement confirmé la sécurité et l’efficacité du capteur, il a également dévoilé quelque chose de remarquable au sujet de l’intestin lui-même. Les données ont en effet révélé que lors de la digestion des aliments, l’estomac libérait des produits chimiques oxydants pour neutraliser et détruire toutes les molécules étrangères qui s’attardaient plus longtemps qu’elles ne le devaient. « Cela pourrait représenter un système de protection gastrique contre les corps étrangers », note Kourosh Kalantar-Zadeh, responsable de l’étude et co-inventeur de la capsule, dans un communiqué de presse. « Un tel mécanisme immunitaire n’a jamais été repéré auparavant ».

Les résultats suggèrent également que les régimes alimentaires à teneur très élevée en fibres entraînent des niveaux d’oxygène insoupçonnés dans le côlon. « Cette nouvelle information pourrait nous aider à mieux comprendre comment les maladies dites débilitantes comme le cancer du côlon se produisent », poursuit le chercheur. Les résultats de cette étude ont par ailleurs été suffisamment encourageants pour que les chercheurs s’associent à la société de développement de produits Planet Innovation pour créer une société appelée Atmo Biosciences, qui se prépare maintenant pour une étude plus vaste.

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