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En tant qu’agresseur sexuel, est-il possible de se soigner ?

Crédits : iStock

Dans un communiqué, le producteur Harvey Weinstein s’était excusé pour ses actes et déclarait vouloir se soigner suite à l’avalanche médiatique qui s’est emparée de l’affaire et qui dure depuis quelques mois. En réalité, s’il est éventuellement possible de traiter ces personnes, il n’existerait cependant aucune thérapie réellement adaptée aux agresseurs sexuels.

Il y a quelques semaines, nous nous interrogions sur l’état de la société concernant le harcèlement sexuel après l’affaire Harvey Weinstein faisant grand bruit depuis début octobre 2017, ayant engendré des mouvements tels que #BalanceTonPorc ou encore #MoiAussi. Mais comment les harceleurs et autres agresseurs peuvent-ils se soigner ?

Il faut rappeler qu’Harvey Weinstein, alors sous pression médiatique, s’était publiquement excusé dans un communiqué relayé par le New York Times. Également, l’intéressé avait évoqué la possibilité de se soigner. Cependant, un autre article du même journal publié le 27 novembre 2017 indique qu’il n’existe aucun traitement spécifique pour ce genre de cas.

Le New York Times a notamment interrogé Rory Reid, professeur en psychiatrie à l’Université de Californie, qui distingue deux catégories de personnes :

« Il y a ce que j’appellerais les personnes sujettes à des comportements sexuels compulsifs. L’autre catégorie regroupe les auteurs d’actes sexuels non consentis, autrement dit les agresseurs sexuels. »

Afin de traiter les personnes sujettes aux comportements sexuels compulsifs, la médecine applique les mêmes méthodes que celles utilisées concernant les alcooliques, les toxicomanes ou encore les accrocs aux jeux d’argent. Ainsi, il est davantage question de cercles de discussion ou de programmes dédiés.

Pour ce qui est des agresseurs sexuels, si ce genre de méthode pouvait éventuellement fonctionner, la confrontation apparait comme un moyen plutôt efficace de placer le coupable face à ses actes. Pour Harvey Weinstein, la vague de témoignages publics lui aurait peut-être permis d’évaluer la portée de ce genre de comportement.

Néanmoins, la confrontation ne suffit pas toujours et les médecins peuvent alors employer d’autres méthodes. Il est question de forcer l’agresseur à mettre des mots sur ses actes en lui imposant de les décrire en détail, ou encore de l’obliger à écouter de vive voix le témoignage de ses propres victimes et de tenter de faire naître un sentiment d’empathie. Également, des techniques de méditation ou de relaxation peuvent éventuellement avoir un impact positif.

Cependant, rien ne prouve la totale efficacité de ce genre de méthodes ciblant une addiction et il est d’autant plus compliqué d’y croire en ce qui concerne les agressions sexuelles puisqu’aucune thérapie existante n’est réellement dédiée à ce genre de cas. De plus, il apparaît certain que toute thérapie ne peut fonctionner que si le patient a vraiment l’intention d’atteindre la rédemption.

Sources : New York TimesSlate