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L’intelligence artificielle va-t-elle rendre nos rues plus propres ?

Crédits : Wikimedia Commons

Des chercheurs suisses sont parvenus à faire la démonstration d’une utilisation performante de l’apprentissage automatique dans le cadre du maintien de la propreté d’une ville. Comment ? En embarquant des caméras intelligentes sur des véhicules municipaux dont la mission est de nettoyer les rues.

Montrer l’utilité de l’intelligence artificielle dans la perspective d’avoir des villes plus propres, tel était le but des chercheurs du Laboratoire de traitement des signaux de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) dont les résultats ont été publiés dans la revue Computer vision systems le 11 octobre 2017.

Plus précisément, il s’agissait de montrer que l’I.A. pouvait être performante en terme d’identification en temps réel des déchets de la voie publique. Ainsi, les chercheurs ont installé des caméras HD intelligentes sur des véhicules de voirie, reliées à un logiciel permettant d’obtenir en instantanément des informations sur la saleté présente dans les rues. Le dispositif donne alors la possibilité d’optimiser les itinéraires de nettoyage ainsi que leur fréquence, et ce pour chaque rue d’une ville !

Un algorithme de machine learning a été entrainé par les chercheurs dans le cadre de l’identification de 25 sortes de déchets susceptibles de se retrouver sur le sol, tels que des mégots de cigarette, des journaux, des bouteilles en plastique, etc. Le logiciel peut alors comptabiliser le tout et classer chaque déchet dans une catégorie correspondante (voir capture ci-dessous).

Crédits : EPFL

Coauteur de l’étude, Mohammad Saeed Rad a déclaré dans un communiqué de l’EPFL :

« Nous sommes en train d’enrichir notre base de données d’apprentissage, ce qui permettra à notre système de devenir encore plus efficace. Les autorités pourront décider quelles catégories elles souhaitent inclure ou non, selon ce qu’elles considèrent comme des déchets ou leurs moyens de nettoyage. »

L’intéressé évoque également qu’actuellement « les villes n’ont pas les outils pour gérer ce domaine à partir de mesures objectives ». Avec notamment la collaboration d’urbanistes de la ville de Zurich, le but était d’évaluer si le dispositif pouvait être intégré aux services de planification urbaine.

À l’avenir, cette méthode pourrait s’adapter en fonction des contextes différents présents en ville. Par exemple, une des prochaines étapes sera d’effectuer des tests avec le même dispositif installé sur des vélos, et ce afin d’accéder et évaluer les besoins dans des zones non accessibles aux véhicules de voirie comme certains parcs et aires de jeux.

Sources : Sciences et AvenirLa Tribune de Genève