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Le lézard Mabuya a un placenta incroyable !

Crédits : Wikipédia

Ce lézard endémique des Antilles est un mystère de la nature. Celui-ci ne pond pas d’œufs mais est surtout doté d’un placenta qui le rend unique parmi les reptiles. Cette incroyable faculté serait issue d’un virus qui aurait bouleversé son évolution.

Le lézard du genre Mabuya mesure entre 6 à 12 centimètres de longueur et sa silhouette est serpentiforme. Sa gestation dure de neuf à douze mois alors que le nombre de petits par portée varie de 2 à 9 en fonction des espèces. Nous parlons ici de portée tout simplement parce que ce lézard possède un placenta, un organe habituellement présent chez les mammifères, ainsi celui-ci ne pond pas d’œufs comme les autres reptiles.

Ayant fait l’objet d’une récente étude menée par une équipe de chercheurs du centre Gustave Roussy (IGR) situé à Villejuif, le Mabuya aurait capté un gène présent dans un virus qui aurait impacté ses ancêtres il y a plusieurs millions d’années. Ces recherches ont fait l’objet d’une publication dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences le 26 octobre 2017.

Les chercheurs ont identifié la syncytine dans le génome femelle Mabuya. La syncytine est une protéine régulant le fonctionnement du placenta et un agent de fusion des cellules. Par exemple chez l’Homme, les échanges sanguins entre l’embryon et la mère se font sous le contrôle d’un tissu composé de nombreuses cellules ayant fusionné entre elles.

Selon Thierry Heidmann, principal meneur de l’étude, le placenta est apparu chez l’Homme à l’arrivée de la protéine syncytine. En ce qui concerne le Mabuya, après avoir analysé le génome de certains de ses cousins, les chercheurs ont déterminé l’arrivée de la syncytine il y a 25 millions d’années, peu avant l’arrivée du reptile. Mais d’où vient cette protéine ?

Les scientifiques ont leur théorie : la syncytine était présente chez certains rétrovirus qui l’utilisaient pour pénétrer les cellules à infecter en fusionnant avec au niveau de la membrane. En réalité, ces rétrovirus sont également à l’origine de l’arrivée du placenta chez les mammifères.

Sources : Science & VieLe Monde