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Juno sonde les entrailles de la Grande Tache rouge de Jupiter

Crédits : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Gerald Eichstadt/Justin Cowart

Les données recueillies par le satellite Juno de la NASA lors de son premier passage au-dessus de la Grande Tache rouge de Jupiter en juillet dernier nous révèlent que celle-ci pénètre bien au-dessous des nuages, jusqu’à 300 kilomètres de profondeur.

On trouve à la surface de Jupiter un gigantesque anticyclone d’environ 15 000 kilomètres de long (1,3 fois plus large que la Terre). Cette Grande Tache rouge visible depuis notre planète intrigue depuis longtemps les scientifiques. En juillet dernier, Juno, qui fêtait il y a quelques mois son premier anniversaire autour de Jupiter, fit un survol rapproché de l’étonnante structure, permettant ainsi de répondre à certaines questions. « L’une des questions les plus fondamentales que l’on se pose sur la Grande Tache rouge de Jupiter est : à quelle profondeur sont les racines ? », s’interroge Scott Bolton, chercheur principal de la mission, du Southwest Research Institute de San Antonio.

À cette question la sonde a finalement livré une réponse : la tempête la plus célèbre du Système solaire prend donc racine à environ 300 kilomètres de profondeur, dans l’atmosphère de la géante gazeuse. Une révélation étonnante à mettre au crédit du radiomètre à hyperfréquences (MWR) de Juno, capable de scruter les nuages ​​de Jupiter en profondeur. « Un excellent instrument pour nous aider à aller au fond des choses », note Michael Janssen, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, en Californie.

« Juno a découvert que les racines de la Grande Tache rouge sont 50 à 100 fois plus profondes que les océans terrestres, et qu’elles sont plus chaudes à la base qu’au sommet », note cette fois-ci Andy Ingersoll, professeur de sciences planétaires à Caltech. « Les vents sont associés à des différences de température, et la chaleur de la base de la tempête explique les vents féroces que nous observons au sommet de l’atmosphère ».

L’avenir de la Grande Tache rouge est encore très débattu. Si la tempête est surveillée depuis 1830, elle sévit probablement depuis environ 350 ans. Au 19e siècle en revanche, la Grande Tache rouge était bien plus large, plus large que deux fois la Terre. Elle s’est depuis rétrécie, et semble encore diminuer aujourd’hui. Au moment où les sondes Voyager 1 et 2 de la NASA ont accéléré près de Jupiter sur leur chemin vers Saturne et au-delà, en 1979, la Grande Tache rouge présentait un diamètre deux fois supérieur à celui de notre planète. Aujourd’hui, les mesures effectuées par des télescopes terrestres indiquent que la tempête a diminué d’un tiers de sa largeur et de huit fois sa hauteur.

Les résultats ont été présentés cette semaine à l’American Geophysical Union. Le prochain survol de Juno est prévu pour le 16 décembre prochain. La sonde continuera d’explorer la couverture nuageuse de Jupiter et étudiera également ses aurores pour en apprendre davantage sur les origines, la structure, l’atmosphère et la magnétosphère de la planète.

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