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Des centaines d’oeufs de ptérosaures découverts

Crédits : Zhao Chuang

Une équipe de paléontologues annonce la découverte dans le nord-ouest de la Chine d’un nid de 300 œufs fossilisés de ptérosaures datés à environ 120 millions d’années. Seize d’entre eux contenaient des embryons relativement bien développés et bien préservés.

Les ptérosaures sont des archosauriens qui ont vécu entre 220 et 66 millions d’années. Techniquement, il ne s’agit pas de dinosaures, mais de reptiles volants, cousins éloignés des dinosaures. Les paléontologistes estiment par ailleurs qu’il pourrait s’agir des premiers vertébrés volants. Et bien que ces créatures aient dominé le ciel pendant environ 162 millions d’années, seule une poignée de fossiles d’œufs de ptérosaure n’avait été mise au jour. C’est pourquoi chaque découverte est importante. Celle-ci, de par le nombre d’œufs retrouvés, a en plus une saveur particulière. « Extraordinaire », « stellaire », « vraiment génial », « une trouvaille de classe mondiale », c’est ainsi que les paléontologues réagissent à la découverte de plusieurs centaines d’œufs de ptérosaures bien conservés en Chine, dont certains contiennent encore les restes d’embryons.

« Comme il s’agit de fossiles extrêmement fragiles, nous avons été très surpris d’en retrouver autant au même endroit », s’est enthousiasmé Alexander Kellner, paléontologue du Musée national du Brésil à l’AFP. Les événements qui ont conduit à la fossilisation d’un tel nid, encore mal connus, ont toutefois endommagé les os des ptérosaures adultes. L’espèce concernée est ici Hamipterus tianshanensis, découverte en 2014, toujours en Chine, dont les membres pouvaient mesurer entre 1,5 et 3,5 mètres d’envergure.

« Les ptérosaures sont un groupe très diversifié, dont on connaît plus d’une centaine d’espèces sur tous les continents depuis leur découverte au XIXe siècle », poursuit le paléontologue. « Certaines avaient des becs courts, d’autres longs, certains étaient nocturnes, d’autres présentaient des crêtes ou du duvet, etc. ».

Selon les premières observations, les embryons montrent que les bébés ptérosaures pouvaient marcher, mais non voler, et n’avaient pas de dents. « Ces analyses nous montrent que les ptérosaures étaient moins précoces que nous le pensions », détaille Alexander Kellner. « Ils avaient donc besoin d’une forme d’aide des parents ». Le grand nombre d’œufs au même endroit nous apprend par ailleurs que ces ptérosaures vivaient en colonie, « au moins au moment de la ponte qui avait lieu dans une même zone géographiquement restreinte, comme le montrent les analyses de sédiments et de strates », note Delphine Angst, docteure en paléobiologie au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. « On n’avait jamais observé une telle concentration d’œufs de ptérosaures », poursuit-elle. « À ce titre, cette découverte est vraiment exceptionnelle ».

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Science.

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