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Aux États-Unis, une femme donne la vie suite à une greffe d’utérus

Crédits : Baylor University Medical Center via AP

Aux États-Unis, une femme a récemment donné naissance à un enfant suite à une transplantation utérine. Le bébé se porte bien. De quoi redonner l’espoir à des milliers de femmes.

Pour les femmes souffrantes d’infertilité utérine qui veulent être mères, le calcul a toujours été d’une simplicité déchirante : pas d’utérus signifie pas de grossesse. Mais les choses sont en train de changer. En 2014, des médecins suédois mettaient au monde un bébé en bonne santé de 1,77 kilogramme, fruit d’une greffe d’utérus réussie. Aujourd’hui, c’est une première sur le sol américain. À Dallas, une femme née sans utérus à la suite d’une malformation congénitale a accouché le mois dernier d’un bébé en bonne santé. Elle avait subi une transplantation utérine en septembre 2016 dans le cadre d’un essai clinique.

Les médecins du monde entier ont effectué des greffes de pénis, de mains, de lèvres, de palais, de paupières, et même une mâchoire transplantée sur une femme qui avait été horriblement défigurée après avoir reçu une balle dans le visage. Aujourd’hui, le fait qu’une greffe utérine suivie d’une naissance réussie ait été reproduite hors de Suède, pionnière dans le domaine, est un signe prometteur pour des milliers de femmes incapables de concevoir.

Cet essai clinique incluait au départ dix femmes. Huit, y compris la nouvelle mère, ont été greffées jusqu’à présent. L’une d’elles est enceinte et deux essayent toujours de concevoir. Quatre autres femmes greffées ont par ailleurs échoué, et les organes ont dû être enlevés chirurgicalement. Les interventions chirurgicales diffèrent en effet ici des autres transplantations, puisqu’elles ne sont pas destinées à être permanentes. Elles donnent en revanche à une femme assez de temps pour concevoir un enfant. Concernant l’opération, il s’agit ici de prélever l’utérus en conservant au mieux les vaisseaux sanguins environnants, pour permettre une bonne revascularisation de l’organe transplanté. Pour cette raison, et parce que les tissus doivent être compatibles au plan immunologique, la donneuse est souvent issue de la famille (mère ou sœur).

En France, un essai clinique est en cours depuis l’année dernière au CHU de Limoges, sur huit femmes. Contrairement aux approches employées en Suède et aux États-Unis, il repose sur une transplantation utérine à partir de donneuse décédée. Pour l’heure, les grossesses issues de telles transplantations n’ont jamais abouti. Pour l’heure.

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