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L’armée américaine veut transformer les plantes en véritables espions environnementaux

Crédits : Wikipédia / Inkey

L’armée américaine annonçait il y a quelques jours son intention de transformer les plantes en véritables espions environnementaux. Le programme, supervisé par l’agence DARPA, vise déceler les moindres changements inhabituels dans l’air, comme la présence d’éventuels agents pathogènes.

Lorsque l’on nous parle espionnage, on imagine souvent un homme ou une femme, assis(e) dans une voiture muni(e) de jumelles, en train de collecter des informations sur l’ennemi. Mais l’espionnage a évolué depuis les années 80, au point d’enrôler aujourd’hui les végétaux. L’armée américaine envisage en effet de mettre sur pied un réseau intelligent de plantes dans le but de maintenir une longueur d’avance sur ses ennemis. Cette flore ne se faufilera pas dans des laboratoires secrets ou ne se livrera pas au combat rapproché, mais aura pour mission de surveiller l’environnement, détectant d’éventuelles attaques chimiques ou impulsions électromagnétiques.

Ce programme, annoncé par l’agence DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), se baptise Advanced Plant Technologies (ou APT). Le but : créer un réseau autosuffisant de plantes pouvant surveiller tout signe de changement environnemental. « Les plantes sont très sensibles à leur environnement et manifestent naturellement des réponses physiologiques aux stimuli de base tels que la lumière et la température, mais aussi au toucher, aux produits chimiques, aux parasites et aux agents pathogènes », explique Blake Bextine, de l’agence DARPA. « Les techniques moléculaires et de modélisation émergentes peuvent permettre de reprogrammer ces capacités de détection et de rapport pour un large éventail de stimuli, ce qui non seulement ouvrirait de nouveaux flux de renseignements, mais réduirait également les risques personnels et les coûts associés aux capteurs traditionnels ».

Pour ce faire, l’agence américaine prévoit de modifier les génomes de ces végétaux, de sorte que certains déclencheurs environnementaux entraînent certaines réponses biologiques, qui pourront ensuite être captées par satellite ou en utilisant d’autres types de technologies de télésurveillance. Par ailleurs, le véritable défi consistera à, de par ces modifications génétiques, ne pas nuire à la capacité des plantes à prospérer et à lutter contre les microbes, insectes et autres plantes. Des analyses confinées en laboratoire et en serre seront prochainement effectuées avant de rencontrer (ou pas) ces espions végétaux sur le terrain, sous la supervision d’organismes de réglementation et de biosécurité.

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