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Les somnambules sont davantage capables de faire plusieurs choses en même temps

Crédits : Pixabay

Selon une récente étude suisse, il est désormais possible de diagnostiquer le somnambulisme à l’éveil. Il s’agit d’une avancée importante dans la compréhension et le dépistage de ce trouble du sommeil appartenant à la catégorie des parasomnies.

Les somnambules sont dotés de meilleurs automatismes de contrôle de leurs mouvements et sont plus aptes à faire la distinction entre la conscience et la locomotion. Cette conclusion est celle des neuroscientifiques suisses de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dont l’étude a été publiée dans la revue Current Biology, le 23 octobre 2017.

Une expérience a été menée avec des personnes somnambules et d’autres non touchées par ce trouble du sommeil. Les volontaires ont porté une combinaison dotée de capteurs de mouvement et ont marché en direction d’un objet donné, placé une salle équipée de caméras infrarouges. Un avatar des sujets a été créé, capable de reproduire la trajectoire adoptée, le but étant pour les volontaires de mener ce double virtuel par le moyen de leurs propres pas.

Évidemment, l’avatar pouvait copier les mouvements en temps réel avec facilité lorsque ce dernier suivait fidèlement la trajectoire des sujets, mais les scientifiques ont petit à petit augmenté la marge d’erreur. En effet, les chercheurs ont induit des décalages progressifs de 5 à 30° par rapport à la trajectoire de base. Ainsi, les volontaires devaient dévier de leur trajectoire dans le sens opposé pour compenser et permettre à l’avatar d’atteindre l’objet visé. Somnambules ou non, tous les sujets ont réussi l’exercice.

Par contre, lors d’un autre test, les résultats ont été bien différents. Il s’agissait de mettre à l’épreuve leurs fonctions cognitives, le but était de décompter de 7 en 7 à partir de 200, et ce en parallèle de la première épreuve. Les somnambules ont eu plus de succès que les autres, ces derniers plus à la peine pour ce qui est de conserver une bonne trajectoire de l’avatar. Les personnes « saines » les plus âgées ont été les plus en difficulté, pour qui la réalisation de deux tâches en simultané est synonyme de ralentissement et de confusion.

Sans avoir besoin d’utiliser complètement leurs capacités cognitives, les somnambules, plus polyvalents, sont davantage capables d’effectuer des mouvements élaborés comme la marche. Il s’agit pour les chercheurs d’une analyse suffisante pour diagnostiquer le somnambulisme et ces recherches représentent une première étape vers une meilleure compréhension de ce trouble du sommeil pouvant peut-être aller jusqu’à l’explication de ses origines physiologiques.

Sources : Science & VieSwiss Info