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Ils ont transplanté la tête d’un donneur sur le corps d’un receveur, tous deux décédés

Un neurochirurgien italien et une équipe médicale chinoise annoncent avoir réalisé avec succès une greffe complète de tête d’un donneur sur le corps d’un receveur, tous deux décédés.

« La première greffe de tête humaine a été réalisée« , s’enthousiasme le neurochirurgien italien Sergio Canavero, lors d’une conférence de presse tenue à Vienne le 17 novembre. « La chirurgie a duré 18 heures. Tout le monde disait que c’était impossible, mais cela a été un succès« . Ainsi, et pour la première fois au monde, le corps d’un donneur décédé se retrouve sous la tête d’un receveur, décédé également. L’objectif de cette opération est de se préparer à tenter l’intervention avec un patient receveur vivant.

La transplantation de tête pourrait en effet être envisagée pour certains malades souffrants de pathologies neuromusculaires incurables. Plusieurs personnes se sont déjà portées volontaires. Un jeune russe de 31 ans, Valery Spiridonov, atteint de la maladie de Werdnig-Hoffmann, espère être le premier à pouvoir en bénéficier. « Depuis trop longtemps, la nature nous a dicté ses règles, argumente Sergio Canavero, repris par Sciences et Avenir. Nous sommes entrés dans un âge où nous pouvons prendre notre destin en main. Ça va tout changer« . Les résultats de son opération, menée en Chine, devraient être prochainement publiés dans la revue Surgical neurology, scrutés par les chirurgiens du monde entier.

Quant à l’avenir, certains experts ne cachent pas leur inquiétude vis-à-vis d’une telle procédure. Interrogée il y a quelques semaines par Sciences et Avenir, la neurochirurgienne Marike Broekman de l’École de Médecine de l’Université de Harvard (États-Unis), également présidente de l’Ethico-legal Committee of the European Association of Neurosurgical societies (EANS), avait notamment expliqué que, de son point de vue, la médecine n’était pas prête, « ni techniquement ni psychologiquement« . « Dans l’état actuel des choses, avait-elle dit, cette procédure n’améliorera pas la santé du patient, car il est peu probable qu’il retrouve une fonction neurologique, ni même qu’il survive« .

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