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Un nouvel électronique pourrait nous permettre d’évoluer sur Vénus !

Crédits : NASA

Si tout le monde n’a d’yeux que pour Mars, c’est oublier qu’une autre planète est plus proche de la Terre : Vénus. Même si cette ancienne « jumelle » de la Terre n’est aujourd’hui qu’une véritable fournaise, la NASA poursuit encore ses recherches dans le but de pouvoir évoluer sur la planète. Et pour se faire, il faut penser un nouvel électronique.

Vénus n’est pas franchement la première destination rêvée pour passer ses vacances. La température moyenne de sa surface est de 462 °C (assez chaude pour faire fondre le plomb) et la pression atmosphérique est 92 fois supérieure à celle du niveau de la mer. Certains robots, la plupart soviétiques, ont réussi l’exploit d’atterrir à la surface de Vénus, mais aucun n’a survécu plus de deux heures (enfin si, 127 minutes exactement). Ces missions reposaient notamment sur de l’électronique standard, basé sur des semi-conducteurs en silicium. Ceux-ci ne sont tout simplement pas capables de fonctionner dans les conditions de température et de pression ressenties sur Vénus, et ont donc besoin qu’ils aient des enveloppes protectrices et des systèmes de refroidissement.

C’est pourquoi la NASA, entre autres missions, cherche à créer des composants robotiques capables de survivre dans l’atmosphère de Vénus pendant de longues périodes. Nous parlons ici d’un électronique de nouvelle génération que les chercheurs du Centre de recherche Glenn de la NASA (GRC) ont récemment dévoilé. Ces appareils électroniques permettraient notamment à un atterrisseur d’explorer la surface de Vénus pendant des semaines, des mois ou même des années. Le but, c’est de rassembler autant d’informations que possible sur l’atmosphère, l’état de surface et l’histoire géologique de Vénus avant la destruction des composants.

Pour ce faire, les ingénieurs travaillent actuellement au développement d’un électronique reposant sur des semi-conducteurs en carbure de silicium (SiC), capables de fonctionner à des températures égales ou supérieures à celles de Vénus. Une première démonstration a notamment dévoilé les premiers microcircuits à base de SiC modérément complexes au monde, constitués de dizaines ou plus de transistors sous la forme de circuits logiques numériques de base et d’amplificateurs de fonctionnement analogiques. Ces circuits, qui seraient utilisés dans tous les systèmes électroniques d’une future mission, pouvaient fonctionner jusqu’à 4 000 heures à des températures de 500 °C. Ces tests, pour l’heure positifs, ont eu lieu au sein du Glenn Research Center (GEER), qui simule les conditions de surface de Vénus.

D’autres tests seront bien évidemment nécessaires, mais de tels composants pourraient un jour permettre des missions qui étaient auparavant impossibles. Au-delà de Vénus, cette nouvelle technologie pourrait également conduire à de nouvelles classes de sondes capables d’explorer les géantes gazeuses — Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune — où les conditions de température et de pression ont par le passé été prohibitives.

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