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La maladie d’Alzheimer pour la première fois détectée chez les dauphins

Crédits : iStock

Tandis qu’elle continue de faire des ravages chez l’Homme, la maladie d’Alzheimer se manifestait il y a quelques semaines chez les dauphins. Une première pour un animal sauvage.

Une récente étude menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford rapporte la découverte de plaques et d’enchevêtrements de protéines, habituellement considérés comme les signes révélateurs de la maladie d’Alzheimer chez l’Homme, dans le cerveau de dauphins morts dans la nature. Ces mêmes biomarqueurs ont été décelés chez des chimpanzés plus tôt cette année. Ces animaux étaient en revanche confinés dans des zoos et des centres de recherche. Ainsi, c’est une première chez des animaux sauvages.

L’Homme et les dauphins sont, du point de vue de l’évolution, des animaux « pas comme les autres ». Nous pouvons en effet, à l’instar des dauphins, vivre bien au-delà de l’âge auquel nous pouvons nous reproduire. C’est une des raisons pour lesquelles les chercheurs voulaient savoir si les dauphins pouvaient, tout comme nous, souffrir de problèmes de santé liés à l’âge. Il s’avère que c’est effectivement le cas. Les chercheurs expliquent, dans la revue Alzheimer’s & Dementia, avoir identifiés des plaques amyloïdes et des enchevêtrements de protéine tau dans leur cerveau, les indices classiques de la maladie d’Alzheimer. Ces plaques et ces enchevêtrements tuent les cellules du cerveau sur plusieurs années, provoquant des pertes de mémoire, des difficultés cognitives, des problèmes de communication et, finalement, la mort.

La manière dont la détérioration du cerveau affecte la mémoire et la pensée chez les dauphins n’est en revanche pas encore très claire, mais la découverte permet d’étudier et d’appréhender la maladie sous un autre angle. Les modèles de souris actuellement utilisés pour observer la maladie d’Alzheimer ne sont, contrairement à d’autres maladies, pas de très bons substituts à la version humaine de la maladie. Les dauphins pourraient hypothétiquement mieux correspondre — ce qui signifie une recherche plus pertinente et, éventuellement, de meilleurs traitements à l’avenir. D’autres études seront nécessaires mais les chercheurs déconseillent fortement la reproduction des dauphins en captivité à cette fin. Les dauphins étudiés ici étaient morts naturellement, retrouvés échoués sur des plages espagnoles.

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