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Cryogénisation : une nouvelle bactérie va améliorer le procédé !

Crédits : Wikimedia Commons

Une équipe franco-britannique de chercheurs est parvenue à mettre au point une bactérie antigel biodégradable, évitant ainsi la formation de cristaux au cours de la congélation. Des applications en sciences et en agroalimentaire sont à prévoir. 

Des chercheurs français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont associé leurs compétences avec celles des chercheurs anglais de l’Université de Warwick pour mettre au point la polyproline. Il s’agit d’une protéine antigel biodégradable aux applications multiples, notamment dans la cryogénisation de cellules.

La cryogénisation permet de conserver cellules à des températures très basses, à savoir -196 °C, afin de pouvoir les réactiver par la suite, les « ressusciter ». Elle est la spécialité de l’équipe britannique. Côté français, ce sont des recherches sur la céramique qui ont été réalisées, notamment sur ses utilisations industrielles. « On se sert de la congélation et des cristaux de glace pour élaborer des céramiques poreuses. Par ce procédé, nous sommes capables de contrôler la croissance des cristaux, c’est dans ce contexte qu’on a contribué à comprendre comment la protéine fonctionne », explique Sylvain Deville, du centre de recherche de Saint-Gobain, rattaché au CNRS, à 20minutes.

C’est en étant à la fois hydrophile et hydrophobe que la polyproline fonctionne, puisque cela lui donne le pouvoir de bloquer la recristallisation. « Quand on congèle de la glace à la vanille, au bout d’un certain moment des paillettes se forment et grossissent ce qui est dommageable pour les cellules. Cette protéine permet de ralentir très fortement l’apparition de cristaux » ajoute Sylvain Deville, expliquant que la protéine est biodégradable.

La première application possible pour cette protéine se trouve dans la cryogénisation de cellules, comme les cellules reproductrices, les globules rouges et le sang. « Ça permettrait d’améliorer les procédés car il y a toujours des pertes de cellules. On est aussi obligé d’ajouter des solvants pour éviter la croissance de cristaux de glace, qu’on doit éliminer lors de l’utilisation des cellules », précise Sylvain Deville.

L’exemple de la glace à la vanille évoqué par le chercheur nous informe également d’une possible application de cette protéine dans le domaine agroalimentaire. « Elle est composée d’acides aminés donc j’imagine qu’elle est comestible. C’est d’autant plus important que le marché de l’agroalimentaire représente 30 millions de dollars, beaucoup plus que la cryogénisation », conclut le chercheur.

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