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Cet homme a des maux de tête à chaque fois qu’il regarde du porno

A young businessman is typing on a computer with one hand. His other hand is under the table and he is looking really excited.

À Taïwan, un homme vit le même problème à chaque fois qu’il regarde un film pornographique, il est atteint de maux de tête intenses. Des neurologues et sexologues se sont penchés sur ce cas clinique.

Dans la revue Clinical Neurology and Neurosurgery, une équipe de neurologues et sexologues du Kaohsiung Chang Gung Memorial Hospital de la municipalité de Kaohsiung, à Taïwan, rapporte le cas étrange d’un homme de 40, atteint de maux de tête à chaque fois qu’il regarde des films pornographiques. Une douleur qui se manifeste au sommet du crâne, dans le cou et aux tempes et qui est précédée d’une rougeur du visage, de palpitations, d’une respiration rapide, d’une sensation de gorge sèche. Dès lors qu’il ne visionne plus le film en question, tout cela s’arrête. Il est à noter que cela se manifeste uniquement pendant le visionnage de ce type de films et dans aucun autre cas de sa vie.

Le cas de cet homme de 40 ans est étrange, lui qui ne souffre pas de migraine, n’a pas été victime d’un traumatisme crânien, ne consomme pas de drogue illicite et ne prend pas de médicament. Les examens biologiques sanguins sont normaux. L’IRM du cerveau est aussi tout à fait normale.

À l’hôpital taïwanais, les médecins ont alors demandé à cet homme de visionner un film porno. Sans surprise, il est alors pris des mêmes symptômes et rapidement soumis à un examen d’imagerie vasculaire, un doppler transcrânien. Il s’agit là d’évaluer la vitesse des flux sanguins dans les artères intracrâniennes. Celui-ci révèle une vélocité du flux sanguin plus importante à gauche qu’à droite dans l’artère cérébrale moyenne. Pour les auteurs, cette asymétrie entre les vitesses d’écoulement du flux sanguin au moment où le patient ressent une douleur aurait pour origine un dysfonctionnement cérébro-vasculaire induit par l’excitation sexuelle.

« La perception visuelle du signal érotique par le cerveau induit une excitation sexuelle, voire un orgasme chez certains individus. L’excitation sexuelle entraîne des modifications du débit des artères intracrâniennes. En effet, le flux sanguin cérébral, qui est sous contrôle neuronal, varie au cours de la réponse sexuelle. Nous pensons que la personne présentant une céphalée induite par la pornographie répond de façon anormale à la stimulation visuelle érotique. Nous utilisons le terme de “visuoneural uncoupling” pour désigner ce découplage qui provoque une vasoconstriction sous l’effet de l’excitation sexuelle d’origine visuelle chez certains individus », expliquent les docteurs Hsin-Ling Yin et Wei-Hsi Chen.

Mais selon eux, cela peut aussi être dû à d’autres facteurs comme l’anxiété, la honte ou encore la culpabilité. Ils ont alors demandé au patient de renouveler l’expérience mais cette fois-ci, quelques minutes après avoir pris un anti-inflammatoire non stéroïdien. Résultat : il n’a plus rien ressenti lors du visionnage du film pornographique.

« Nous pensons que la céphalée liée à la pornographie n’est pas rare dans la population générale. En effet, les individus atteints pourraient ne pas consulter et dans la mesure où de très nombreuses personnes consomment des antalgiques, il se pourrait qu’il y ait une sous-estimation des cas. Nous préparons une enquête en ligne pour mieux évaluer la fréquence de ce trouble », explique l’un des spécialistes à Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique pour le blog Réalités Biomédicales.