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Ils vont rester allongés 60 jours pour comprendre les effets de l’apesanteur sur le corps humain

Crédits : CNES

La deuxième session de la campagne « Bedrest » est actuellement en cours à la clinique spatiale de Toulouse, afin de mieux cerner et donc de comprendre les effets indésirables de l’apesanteur sur le corps humain.

Au début de l’année, dix personnes étaient restées allongées durant une période de 60 jours à la clinique spatiale de Toulours, à Medes. Une expérience baptisée Bedrest visant à tester des méthodes susceptibles d’atténuer les effets indésirables de l’apesanteur sur le corps humain dans des conditions similaires aux vols habités dans l’espace et de préparer les astronautes à leur retour sur Terre.

Une campagne qui se déroule en deux temps et la seconde session a démarré pour Gaël, Mathieu, Sébastien et sept autres hommes, alités depuis le mois de septembre dans cette même clinique spatiale, et ce jusqu’au mois de décembre. Ils sont étudiants, ingénieurs, célibataires ou pères de famille et âgés entre 20 et 44 ans. Le CNES et l’Agence Spatiale Européenne, l’ESA, est en charge de cette campagne Bedrest, dont la session est baptisée « Cocktail ». Celle-ci consiste à faire ingérer un cocktail d’antioxydants et d’anti-inflammatoires aux dix volontaires de cette session.

« J’ai toujours été passionné par ce qui se passe dans l’Espace. Je suis étudiant et ma thèse de recherche porte sur la cohabitation dans le voyage spatial au cinéma, c’était donc pertinent de le faire » explique Mathieu, l’un des participants à l’expérience, qui ne cache pas non plus l’intérêt que représente l’indemnisation prévue, à hauteur de 16 000 euros.

À quelques jours de la fin de cette session, l’homme est très enthousiaste : « Vous ne pourrez pas avoir un check-up plus complet et c’est enrichissant, on apprend plein de choses lors de nos échanges avec les médecins. Le bénéfice est aussi personnel sur ce que l’on peut apprendre sur soi ». Parmi les principaux effets de l’apesanteur simulée sur le corps de ce sportif, la perte significative de masse musculaire ou encore de masse osseuse.

C’est donc pour limiter ces effets que les contre-mesures sont effectuées et que les participants doivent ingérer un cocktail d’antioxydants et d’anti-inflammatoires. « Quand je suis rentrée dans les années 2000 au Medes, les contre-mesures étaient très centrées sur l’exercice physique, à courir sur un tapis avec des résistances comme cela existe dans la Station spatiale internationale. Mais sur des vols longs, cela ne sera pas suffisant, depuis dix ans on regarde ce qui peut être fait pour modifier les choses dans l’alimentation qui pourrait être utile », explique Marie-Pierre Bareille, responsable de l’étude. « C’est important d’étudier l’adaptation du métabolisme, sa capacité à brûler les graisses, où est-ce qu’elles sont stockées et quelles sont leurs origines. Cela peut nous permettre de savoir si on doit donner une diète enrichie en lipides, en protéines », commente à son tour Audrey Bergouignan, chercheuse CNRS.