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Aider les autres sans rien demander en retour, les bonobos en sont aussi capables

Crédits : Pixabay / tsoquet

Tenez la porte pour quelqu’un derrière vous ou soulever une personne à terre pour la remettre debout, de tels actes envers des inconnus ont longtemps été considérés comme uniques aux humains ; mais de récentes recherches sur les bonobos suggèrent que notre espèce n’est pas aussi exceptionnelle.

Empathie, compassion, altruisme, les bonobos du Bassin du Congo, en Afrique, font en effet tout leur possible pour aider des inconnus, révèle une étude menée par Jingzhi Tan, chercheur en anthropologie évolutionniste à l’Université Duke à Durham, aux États-Unis. Des recherches antérieures suggéraient déjà que les bonobos pouvaient partager la nourriture avec des étrangers. Aujourd’hui, les conclusions vont plus loin. Ces primates auraient en effet la capacité cognitive et la réflexion nécessaire pour proposer de la nourriture à un congénère inconnu dans le besoin, sans rien demander en retour.

Pour en arriver à de telles conclusions, seize bonobos ont été conduits, un à la fois, dans l’une des deux pièces adjacentes séparées par une clôture. Les chercheurs ont alors accroché un morceau de pomme sur une corde juste au-dessus de la pièce vide, visible mais hors d’atteinte. Les singes n’avaient pas accès au fruit ou à la corde, mais s’ils escaladaient la clôture, ils pouvaient atteindre une épingle en bois retenant la corde au plafond et faire tomber le fruit à portée de tout bonobo qui entrait dans la pièce voisine.

Au final, les bonobos ont libéré le fruit environ quatre fois plus souvent lorsqu’un bonobo peu familier se trouvait dans la pièce adjacente que lorsque la pièce était vide. En outre, les bonobos n’ont pas attendu qu’on leur demande de l’aide, mais ont simplement, de leur plein gré, offert cette pomme. Ainsi, volontairement, sans être y incités, les bonobos aidaient d’autres bonobos qu’ils ne connaissaient pas à se procurer de la nourriture, même lorsque le second bonobo ne le leur demandait pas cette nourriture.

Le fait de vouloir instinctivement aider un étranger suggère ainsi que le fait de lier une relation avec un inconnu l’emporte sur les conséquences négatives que celle-ci pourrait entraîner. Les bonobos femelles quittent le groupe où elles sont nées pour rejoindre un nouveau groupe lorsqu’elles atteignent l’âge adulte, où elles forment des liens avec d’autres adultes non apparentés qu’elles n’ont jamais rencontrés. Les bonobos, comme les humains, pourraient donc simplement être désireux de faire une bonne première impression.

« Toutes les relations commencent entre deux étrangers », a déclaré Tan. « Vous rencontrez un étranger, mais vous pouvez les rencontrer à nouveau, et cette personne pourrait devenir votre futur ami ou allié. Vous voulez être gentil avec quelqu’un qui pourrait être important pour vous ».

Les détails de cette étude ont été rapportés dans Scientific Reports.

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