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Une nouvelle espèce de dinosaure herbivore découverte en France

Crédits : Scientific Reports (2017). DOI: 10.1038/s41598-017-13160-2

Une équipe de paléontologues annonce la découverte d’un nouveau fossile de dinosaure herbivore rhabdodontidé déterré dans les Bouches-du-Rhônes, à La Bastide Neuve (Velaux). L’animal, qui vécut il y a environ 84 à 72 millions d’années, présentait notamment une dentition particulière.

Le site marseillais, qui date du Crétacé supérieur, a déjà cédé beaucoup d’autres fossiles, mais celui-ci est particulièrement intrigant. Une étude publiée sur Nature et relayée sur le site national du CNRS rend effectivement compte de la découverte d’un dinosaure herbivore nommé Matheronodon provincialis, qui présentait des dents fines et extrêmement larges à la « morphologie unique qui opérait à la manière de ciseaux pour couper les plantes avant ingestion », explique le CNRS. « Lorsque les mâchoires se fermaient et les dents se croisaient, ces dernières agissaient comme une paire de ciseaux coupant une feuille de papier. Son régime alimentaire était sans doute spécialisé sur des feuilles coriaces des premiers palmiers », peut-on lire.

Le paléontologue Xavier Valentin avait en effet exhumé en 2002 un maxillaire supérieur appartenant à la famille des rhabdontidés. Depuis, une dizaine de dents appartenant à ce dinosaure vieux de 74 millions d’années environ, amenant les chercheurs, 15 ans plus tard, à confirmer la nouvelle espèce, fraîchement baptisée Matheronodon provincialis, la quatrième connue de la famille des rhabdontidés. Côté physique, imaginez un iguanodon d’environ 5 mètres de haut, bipède, se nourrissant de feuilles de palmier. Il présentait également un museau court, doté d’un bec, précédé en arrière de 4 rangées de 4 dents triangulaires, fines et larges, qui se croisaient lorsque l’animal refermait sa mâchoire, à la manière d’une paire de ciseaux, donc. Les chercheurs notent par ailleurs que certaines dents pouvaient atteindre les 6 centimètres de long, pour 5 centimètres de large.

Des recherches antérieures ont par ailleurs suggéré que la zone où a été découvert Matheronodon provincialis était autrefois recouverte de rivières tropicales serpentant au milieu d’une plaine inondable, ce qui expliquerait la présence de palmiers, de reptiles volants, de tortues et de crocodiles vivant pendant la même période, déjà découverts dans cette même région.

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