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Un groupe de 7 lunes empêche les anneaux de Saturne de se décomposer

Crédits : NASA / JPL-Caltech / Space Science Institute

Les lunes de Saturne empêcheraient ses anneaux de se décomposer. L’un d’eux en particulier doit visiblement son apparence manucurée à pas moins de sept lunes travaillant ensemble selon de nouveaux résultats publiés cette semaine à la réunion de la Division des sciences planétaires de l’American Astronomical Society à Provo, aux États-Unis.

On ne saluera jamais assez le travail d’équipe. Nous savions déjà que l’anneau le plus grand et le plus brillant de Saturne, l’anneau B, est maintenu en échec par les coups gravitationnels de la grande lune Mimas. Laissé seul, les frottements opérés à l’intérieur de l’anneau provoqueraient le déversement de ses particules glacées sur les bords intérieurs et extérieurs. Finalement, l’anneau s’élargirait et se disperserait. Pour l’anneau B de Saturne, la présence de Mimas permet donc de ramener les particules rebelles vers l’intérieur de l’anneau.

Les scientifiques ont longtemps pensé que l’anneau A, qui orbite plus loin, était « géré » de la même manière par une plus petite lune, Janus. Mais Radwan Tajeddine, de l’Université Cornell à New York, est longtemps resté perplexe, car Janus n’est selon lui pas assez massive. « Ce serait lui donner un peu trop de crédit », dit-il. En créant des modèles informatiques basés sur les données renvoyées par Cassini, les modélisations ont en revanche suggéré qu’en plus de Janus, un sextuor d’autres lunes était finalement impliqué dans le processus : les dénommées Pan, Atlas, Prométhée, Pandore, Épiméthée et Mimas. Ensemble, elles empêchent l’anneau A de Saturne de se disloquer.

« Si ces lunes ne fonctionnaient pas ensemble, l’anneau A se serait étalé sur des centaines de millions d’années », explique Linda Spilker, membre de l’équipe Cassini du Jet Propulsion Lab à Pasadena, en Californie, qui ne faisait pas partie de l’équipe de recherche. Les petits remorqueurs gravitationnels de chaque lune permettent en fait de ramener les matériaux plus épais vers l’intérieur de l’anneau à des endroits spécifiques. « Toutes ces lunes travaillent finalement en groupe pour contenir l’anneau. Elles sont solidaires » , note Radwan Tajeddine. Pendant trois décennies, les astronomes ont pensé que seule Janus confinait l’anneau A de Saturne. Finalement, elle ne fait que « terminer le travail » en « maintenant les lignes extérieures » de l’anneau.

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