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Une étude jette un pavé dans la mare : l’océan « du passé » était finalement beaucoup plus « frais » !

Crédits : Pixabay

La température des océans il y a 100 millions d’années a été largement surestimée, révèle une étude. Les modèles utilisés pour estimer les températures océaniques passées pourraient en effet être biaisés. Un véritable pavé dans la mare qui fait du réchauffement actuel de notre planète un événement sans précédent.

Nous pensions jusqu’ici que la température de l’océan était il y a 100 millions d’années une quinzaine de degrés au-dessus de la température actuelle. Mais les modèles sur lesquels se basaient les scientifiques pourraient être erronés, révèle une étude publiée dans la revue Nature Communications. Sur la base de nouvelles estimations, l’océan « du passé » était finalement beaucoup plus « frais », avec des températures proches de celles observées de nos jours, a indiqué dans un communiqué l’École polytechnique fédérale, ce jeudi.

« Si nous avons raison, notre étude remet en question des dizaines d’années de recherche en paléoclimatologie », souligne Anders Meibom, co-auteur de cette recherche, directeur du Laboratoire de Géochimie Biologique (LGB) de l’EPFL et professeur à l’Université de Lausanne. Si ces estimations venaient à se confirmer, alors cette étude ferait du réchauffement actuel un événement sans précédent ces cent derniers millions d’années. « Les océans recouvrent 70 % de la Terre. Ils sont un acteur clé du climat terrestre. Il nous faut donc absolument connaître l’évolution de leur température au cours des temps géologiques pour comprendre précisément comment ils se comportent et, ainsi, prévoir au mieux les conséquences du dérèglement climatique actuel », a-t-il ajouté.

Pour évaluer les températures océaniques passées, les chercheurs se basent depuis une cinquantaine d’années sur l’analyse de foraminifères, des fossiles de micro-organismes marins. Les foraminifères fabriquent une coquille calcaire servant de test, car sa teneur en oxygène 18 dépend de la température de l’eau dans laquelle ils vivent. Ainsi, selon la teneur en oxygène 18 analysée, les scientifiques pouvaient déterminer les températures passées. On estimait alors ces températures à une quinzaine de degrés au-dessus des normales enregistrées aujourd’hui. Ces estimations reposaient sur le principe que la teneur en oxygène 18 des tests des foraminifères n’a pas été modifiée durant leur séjour sédimentaire.

Or, il s’avère que la teneur en oxygène 18 peut effectivement évoluer, sans forcément laisser de trace visible, révèlent de nouveaux tests menés en laboratoire. De ce fait, « ce qui apparaissait comme des fossiles parfaitement préservés n’en sont pas. Les paléotempératures estimées jusqu’ici sont donc fausses », résume Sylvain Bernard, minéralogiste du Centre national français de la recherche scientifique. « Et dans la mesure où les estimations des températures passées de l’océan sont sans doute totalement fausses, les modèles risquent également d’être faux ».

Ainsi, le « paléothermomètre » utilisé pour calculer l’évolution des températures de l’océan dans le passé n’était pas fiable. Nos océans seraient finalement restés relativement stables en ce qui concerne les températures. Dans cette perspective, la tendance actuelle au réchauffement planétaire est encore plus dramatique que nous le pensions.

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